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LES PRINCIPALES ESPECES DE REQUINS

 

 LES PRINCIPALES ESPECES DE REQUINS

Je tiens tout d’abord à vous faire partager cette merveilleuse video : « Quand Nina Salerosa danse avec les requins« 

 

Nous allons retracer le profil des principales espèces de requin vivant dans les mers actuelles. Je ne vous écris pas sur le thème des mâchoires et des dents de requins qui fait partie d’un article particulier.

Nous commençons par les espèces que l’on trouve en Méditerranée.

La petite roussette

Ce petit requin vit en Méditerranée ainsi que des côtes de la Norvège aux côtes sénégalaises. On la trouve sur des fond de sable ou de graviers une profondeur de 20 m pouvant pouvant aller jusqu’à 400 m. Elle possède de nombreuses taches brunes sur son corps beige. Sa taille est de 80 cm environ.

Petite roussette

La petite roussette dort le jour et est active la nuit. Elle se nourrit de mollusques, de petits crustacés et de petits poissons. Cette espèce est ovipare et pond des oeufs q’elle accroche aux gorgones en entortillant les filaments des œufs.

La grande roussette 

Elle est présente en Méditerranée mais aussi dans l’Atlantique, en Manche et dans la Mer du Nord. Comme sa cousine, la petite roussette, elle est active la nuit. Son corps possède de grosses tâches noires rondes. Elle mesure de 1 à 2 m. Au niveau de son court museau, elle possède des ouvertures nasales très marquées. La grande roussette se nourrit de mollusques, de crustacés et d’autres poissons. Cette espèce ovipare pond des oeuf à capsule cornée, blanchâtre dont les filaments entortillés autour des gorgones maintiennent solidement l’oeuf. Les oeufs éclosent au bout de 9 mois, les jeunes roussettes mesurent environ 15 cm. Les roussettes se retrouvent souvent sur les étales des poissonniers sous le nom de « saumonette ». 

Le requin griset

Le requin griset (Hexanchus griseus) vit dans les mers tempérées froides et tropicales. On le rencontre en Méditerranée. Ce requin vit près du fond entre 25 m et 2800 m. Il arrive qu’il remonte vers la surface en particulier par les nuit de pleine lune. Sa taille peut atteindre 4.85 m. Il possède six fentes branchiales et une seule nageoire dorsale contrairement à la plupart des espèces de requins qui en possèdent deux. Sa couleur est brun grisâtre. Il possède un museau conique, des yeux verts.

Son alimentation est constituée de proies assez grandes comme d’autres poissons, autres requins, calmars et des charognes. Il peut vivre 80 ans. Ce requin est ovovivipare, c’est à dire que la femelle porte des oeufs après une fécondation interne et ces oeufs éclosent dans le ventre de la femelle. Ce requin vit la plupart du temps solitaire.

Le requin pèlerin

Le requin pèlerin (Cethorinus maximus) est un grand migrateur. On le rencontre dans les eaux tempérées de l’Atlantique Nord (Terre-Neuve) et Sud et dans le Pacifique mais aussi dans la partie occidentale de la Méditerranée.

Requin pèlerin

Ce requin fréquente les hauts fonds et les zones de vagues déferlantes ou encore dans les  fermées. En été, il nage en surface alors qu’en hiver il peut descendre jusqu’à 2000 m. Ses cinq fentes branchiales encerclent pratiquement la tête. Sa taille moyenne est de 9 m mais il peut mesurer jusqu’à 15 m et peser 4 tonnes. Sa très grand gueule s’ouvre largement en arrière des yeux. Concernant ses nageoires, la queue est asymétrique (hétérocerque) en forme de croissant.

Le requin pèlerin se nourrit de plancton et peut filtrer 200 tonnes d’eau à l’heure. son estomac peut contenir 500 kg de plancton.

Cette espèce est ovovivipare. La gestation, très longue (trois ans et demi) donne naissance à des petits qui mesurent à leur naissance 1.5 m à 2 m. Chez les requins pèlerins, il arrive fréquemment que les petits se dévorent entre eux dans l’utérus de la femelle.

Cette espèce se déplace en banc de 12 à 15 requins. cette espèce est classé par la convention de Berne et interdite à la pâche. Le requin pèlerin est inoffensif pour l’homme.

L’Emissole tachetée

L’Emissole tachetée (Mustelus asterias), est un petit requin que l’on rencontre de l’ Atlantique Nord jusqu’au Maroc en passant par la Méditerranée. Elle vit sur les fonds de sable ou de vase entre 5 et 10 m de profondeur près de la côte ou plus profond (vers 350 m) au large de certaines îles (Iles Canaries).  Son corps gris, fin et allongé peut mesurer jusqu’à 1,60 m. Sa nageoire caudale est fortement asymétrique.

L’Emissole tachetée est plus active la nuit et se nourrit principalement de crustacés mais aussi de poissons de diverses espèces. Elle est inoffensive pour l’homme.

Cette espèce est vivipare et peut donner naissance de six à trente individus pour une gestation d’environ une année. Comme la roussette, cette espèce peut se retrouver sur les étales des poissonniers sous le nom de « saumonette ».

Le requin océanique

Le requin océanique (Carcarhinus longimanus) est une espèce abondante qui fréquente les eaux de pleine mer, de la surface jusqu’à 150 m de profondeur en particulier dans les eaux chaudes, c’est à dire supérieures à 20°C.

Requin océanique

Ce requin massif possède un long museau et surtout de longues nageoires pectorales très développées ainsi que la première nageoire dorsale. De couleur gris bronze, il mesure 2 à 3 m mais certains peuvent mesurer jusqu’à 4 m.

Requin océanique aux Iles Brothers, mer rouge 2008

Il se nourrit de tous les poissons océanique, céphalopodes, tortues, oiseaux de mer ou charognes qu’il rencontre sur son passage. Son odorat est très développé et lui permet de repérer ses proies à une grande distance (plusieurs km). Le requin océanique est vivipare et peut donner naissance de un à quinze petits.  Ils mesurent 60 à 70 cm à la naissance. Ce requin est un solitaire.

Le requin taureau

Le requin taureau (Carcharias taurus) fréquente l’océan Atlantique, des côtes du Canada au Brésil et de la Méditerranée à l’Afrique occidentale. Il est aussi présent en Mer Rouge, dans l’océan Indien et dans le Pacifique.

Requin taureau

Il vit près des côtes dans la zone intertidale jusque dans les eaux profondes (plus de 200 m). Son corps est assez massif et nage presque tout le temps la gueule ouverte, laissant apparaître de nombreuses dents effilées.

 Requin taureau

Il possède de larges nageoires pelviennes et une nageoire caudale courte et asymétrique.

De couleur brun gris, ses flancs sont parsemés de taches brun rouge. Il mesure de 2,50 m à 3.20 m. Il se nourrit de petits squales ou de crustacés.

Cette espèce est ovovivipare et la gestation dure de 9 à 12 mois. Pendant ce temps, la femelle cesse de s’alimenter. Elle donne naissance à un ou deux petits qui mesurent 1 m.

Au cours de ses migrations saisonnières, il se déplace en bancs.

Le requin Peau bleue

Le Peau bleue (Prionace glauca) se rencontre dans toutes les mers, en particulier dans le Pacifique. Ce requin effectue des migrations transatlantiques. Il est très commun en Méditerranée. Il préfère les eaux froides entre 5 et 6°C. En zone tropicale, il descend entre 80 et 350 m de profondeur pour trouver un peu de fraîcheur.

Requin peau bleue

Son corps est effilé, de couleur bleue. Il possède un long museau et des yeux noirs et ronds pourvus d’une membrane nictitante. Il possède des nageoires pectorales assez longues qui lui servent à se stabiliser ainsi d’une queue asymétrique. Sa taille varie de 2,50 m à 3,80 m. Il se nourrit de petites espèces pélagiques de surface, calmars mais aussi de cadavres de cétacés.

Le peau bleue est un vivipare placentaire. La gestation dure de 9 à 12  mois. La femelle peut porter de 4 à plus d’une centaine d’embryons soit vingt cinq à cinquante petits à la naissance.

Le requin peau bleue peut vivre de 16 à 20 ans. Il peut se retrouver en bancs.

Peau bleue au marché

Sa surpêche en Méditerranée, en particulier la pêche à la palangre pélagique, a provoqué une nette diminution du nombre d’individus.

Le requin gris

Encore appelé requin dagsit ou requin de récif, le requin gris (Carcharhinus amblyrhynchos) est un requin qui vit dans les eaux tropicales de la Mer Rouge au Pacifique entre 10 et 250m de profondeur. Il n’est pas rare de le rencontrer dans les passes ou au dessus du récif.

Requin gris

Curieux, il a tendance à suivre à une distance raisonnable les plongeurs et il faut éviter de le provoquer.

Il chasse souvent en groupe. Lorsque les requins entrent en frénésie, les plongeurs doivent rester proche du récif et immobile afin d’attendre calmenent le départ des requins. Il peut arriver qu’après un shark feeding, les requins aient encore faim et se dirigent vers les plongeurs. Il est important alors de rester calme et d’effectuer une remontée dos à dos pour ne pas quitter des yeux les mouvements des requins qui le plus souvent veulent sentir « si ça se mange ».

Requin gris, Maldives 1986

Ce requin gris qui vient droit sur moi après un shark feeding ne sentira que l’extrémité de mes palmes…

 

Requin gris, Maldives 1986

Sur cette vidéo vous observez les requins gris pendant un shark feeding. filmé en super 8 avec une Eumig Nautica en 1984 aux Maldives

http://www.youtube.com/watch?v=uXbWchVeeW4

Le requin dormeur

Le requin dormeur (Nebrius ferrugineus) ou requin nourrice se rencontre de la Mer Rouge au Pacifique sur des fonds sableux ou détritiques entre 1 et 70 m de profondeur. Il se repose le jour et chasse la nuit.

Requin dormeur

Ce requin possède des nageoires pectorales développées et une longue caudale nettement asymétrique.  Sa bouche est garnie de barbillons sensoriels qui l’aident à détecter la nourriture  constituée de céphalopodes, crustacés, oursins ou petits poissons. 

Ce requin est inoffensif, ce qui n’est pas une raison pour s’accrocher à sa queue. S’il est dérangé, il peut devenir agressif.

Le requin du Groenland

 

Le requin du Groenland fréquente les eaux de l’Arctique à l’Europe du Nord en passant par le St Laurent. Il préfère les eaux froides, de -1,8°C à 12°C. et descend en profondeur lorsque les eaux se réchauffent (jusqu’à 4000 m).

Sa tête est cylindrique et paraît petite par rapport au reste du corps. Son museau est souvent gris usé par la recherche de nourriture sur le fond alors que son corps est gris brun.

Requin du Groenland

C’est un prédateur opportuniste qui mange tout ce qu’il trouve sur son chemin, vivant ou mort. Il est encore pêché dans certains pays pour son huile.

L’Ange de mer

L’Ange de mer (Squatina squatina) vit en Atlantique de la Norvège aux Iles Canaries et sur les côtes du Maroc ainsi qu’en Méditerranée. Cette espèce côtière vit sur le fond jusqu’à de grandes profondeur et surtout la nuit.

Requin ange de mer

Sa forme large et aplatie, de couleur pétrole ou brun sable lui permet de se camoufler. Sa bouche est protractile. Lorsqu’elle s’ouvre, de manière très brutale, elle surprend les petits poissons qui broutillent juste devant et l’ouverture de sa grande mâchoire suffit à provoquer une aspiration suffisante pour que ses proies s’engouffrent à l’intérieur. L’ange de mer recrache éventuellement les indésirables comme les poissons épineux. C’est un poisson prédateur très vorace.

Ses cinq fentes branchiales apparaîssent sur sa face ventrale. Ses nageoires très larges font penser qu’il s’agit d’une raie. L’une des caractéristiques est que ses nageoires pectorales ne sont pas soudées à la tête comme chez les raies, l’ange de mer rentre donc dans le groupe des requins. Il peut de déplacer facilement grâce à ses nageoires pectorales.

L’ange de mer est ovovivipare. La gestation dure 10 mois et une portée contient de sept à vingt petits.

Le requin bouledogue

Le requin bouledogue (Carcarhinus leucas) vit en Atlantique et dans tout l’Indo-Pacifique. Il vit aussi en eau douce et remonte certains fleuves comme l’Amazone ou le Mississipi.

Requin bouledogue

On trouve cette espèce côtière de la surface à 30 m et jusqu’à 150 m. Son corps est

trapu et massif avec un museau court et des petits yeux. De couleur brun olive, il possède de longues nageoires pectorales, deux nageoires pelviennes triangulaires, deux nageoires dorsales falciformes, et une caudale bien développée. Sa taille varie de 2 m à 3,40 m.  

Son alimentation est constituée de mollusques, crustacés, poissons cartilagineux, poissons osseux, oiseaux, tortues, mammifères marins, vivants ou morts même les détritus.

Le requin bouledogue est vivipare et la gestation dure 10 mois. Une femelle donne naissance jusqu’à 13 petits.

Cette espèce est menacée par la pêche. Ce requin dont la chair est de qualité moyenne est pêché pour ses ailerons et l’huile de son foie, riche en squalène.

Le requin bouledogue est une espèce très agressive responsable de nombreux accidents mortels.

Le requin léopard

Requin léopard, Phuket 2007

Le requin léopard (Stegostoma fasciatum) se rencontre en Mer Rouge et dans l’Ouest de l’Indo-Pacifique sur les fonds sableux des lagons ou des passes.

Il passe la plupart du temps posé sur le fond. Sa tête est aplatie et son corps, de teinte jaune-vert, tacheté comme une panthère possède des carènes qui se terminent le long de la queue, bien visibles sur la photo.

Il possède deux nagoires dorsales et une nageoire caudale très longue

La bouche, en position ventrale lui permet de se nourrir d’animaux posés sur le fond ou qu’il détecte dans le sable comme des mollusques, crustacés et poissons.

Le requin léopard est ovipare et les oeufs en capsule sont caractéristiques.

Cette espèce est solitaire et souvent accompagnée par les rémoras (voir photo), poisson qui se collent à l’aide d’une ventouse. Ces derniers se nourrissent des restes du repas du requin et les débarassent de leurs parasites.

Cette espèce est vunérable, recherchée pour ses ailerons ou affectée par l’usage des explosifs (Golfe de Thaïlande).

Le requin corail

Le requin corail (Trianodon obesus) ou requin de récif ou encore requin pointe blanche est fréquemment rencontré en Mer rouge  et dans l’Indo-Pacifique. Il vit entre 1m et 40 m de profondeur dans les eaux claires et sur la pente externe des récifs.

Requin corail

Il vit posé sur le fond pendant le jour, seul ou en groupe et chasse la nuit. On peut aussi le trouver à l’abri dans les grottes ou sous les surplombs.

Requin corail sous un surplomb Maldives 1984

Ce requin très allongé est de couleur brun gris et peut mesurer jusqu’à 2,20m. Les extrêmités de ses nageoires dornales et caudales sont blanches. La partie supérieure de la nageoire caudale est allongée vers l’arrière.

Ce requin se déplace avec une grande souplesse. Il chasse la nuit et de nourrit d’invertébrés et de poissons qu’il débusque dans les coraux.

Ce requin est curieux mais timide et craintif. Cette espèce est vivipare et une portée peut compter de 1 à 5 petits.  Ils mesurent 50 cm à la naissance. L’espérance de vie de l’espèce est de 25 ans.

Cette espèce est peu pêchée car sa chair est peu appréciée de même que ses ailerons. De plus la chair de ce requin peut être vénéneuse, pouvant être infectée par un dinoflagellé (Gambierdiscus toxicus) et dont l’ingestion donne la ciguatera.

Le requin à pointes blanches

Le requin à pointes blanches (Carcharhinus albimarginatus) se rencontre de la Mer Rouge au Pacifique. Il croise à proximité des récis coralliens entre 10 et 400 m de profondeur.

Requin à pointes blanches

Ce requin est un chasseur pélagique qui se nourrit de poisson, tortues ou oiseaux de mer. Il est potentiellement dangereux pour l’homme. Il se reconnait à l’extrémité blanche de ses ailerons. Lorsqu’il s’approche , il décrit de grands cercles de plus en plus rapprochés.

Le requin pointe noire

Le requin pointe noire (Carcharhinus melanopterus) vit dans les eaux tropicales de la Mer Rouge au Pacifique. il préfère les eaux chaudes et fréquente les lagons et le platier des récifs. On peut le retrouver en surface jusqu’à 70 m de profondeur.

Requin pointe noire, lagon de Bora Bora,1993

Il possède des nageoires dorsales caractéristiques en particulier la première, plus grande avec une coloration brun foncé sur sa partie supérieure.

Requins pointe noire

Sur cette photo on peut observer un dizaine de requins pointe noire venus au rendez vous d’un shark feeding dans le lagon de Bora Bora (1993).

Ce requin se nourrit de poissons mais peut accidentellement mordre une jambe de baigneur. Il peut nager dans 20 cm d’eau, attiré par les populations locales qui nettoient et vident les poissons.

Requin pointe noire ,récif de Moorea

Le requin marteau

Le requin marteau (Sphyrna lewini) se rencontre dans toutes les eaux tropicales entre 3 et 250 m.

Requin marteau

Il se nourrit de poissons et de crustacés qu’il localise dans le sable grâce à son système d’écholocation. Il porte des yeux au bout d’excroissances caractéristiques du genre. Il arrive de le croiser près du récif corallien. Il n’est pas dangereux pour l’homme.

Requin marteau

Le requin baleine

Le requin baleine (Rhincodon typus) se rencontre dans toutes les mers tropicales, de la surface à une profondeur de 130 m environ.

Requin baleine

C’est le plus grand de tous les requins et le plus grand poisson du monde actuellement vivant. Il mesure de 12 à 14 m. Il se nourrit de plancton et de petits poissons pélagiques. Il peut se retrouver en groupe dans les zones à forte densité en plancton.

Le requin citron

Requin citron, récif de Moorea

Le requin citron (Negaprion brevirostris) doit son nom à sa couleur plus jaune que d’autres requins. Cependant, ceux que j’ai croisé en plongée sur le récif de Moorea était très bleu par rapport aux pointes noires, plus gris.

Il peut atteindre 3.40 mètres. Il possède de larges nageoires latérales et deux nageoires dorsales de taille sensiblement égales. Sa durée de vie avoisine les 25 ans.

Il se nourrit d’autres poissons mais aussi de mollusques et de crustacés.

Il vit dans les eaux du Pacifique mais aussi sur les côtes atlantiques tropicales entre 90 mètres et la surface.

La reproduction dure 12 mois et la femelle vivipare met au monde 3 à 20 petits qui mesurent environ 60 centimètres.

Le grand requin blanc

Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) fréquente les côtes de l’Australie et de l’Afrique du Sud mais aussi se rencontre en Califormie et dans les Caraïbes, en Nouvelle Zélande et Nouvelle Calédonie. Il est aussi obseervé en Méditerranée en particulier près de la Corse et du Golfe du Lion.

Grand requin blanc

Il vit dans les eaux sous 30 m de profondeur et peut descendre à plus de 1000 m. Il peut aussi nager juste sous la surface. Il vit dans les eaux du large mais aussi près des côtes, des estuaires et des baies peu profondes.

Son corps gris fusiforme est massif sur sa partie antérieure. Son museau conique et bombé est caractéristique. Il possède deux nageoires dorsales et sa queue est en forme de croissant de lune. Il peut mesurer jusqu’à 6,60 m. C’est le plus grand poisson prédateur actuel connu.

Le grand requin blanc lorsqu’il est jeune se nourrit de poissons puis varie l’alimentation, oiseaux de mer, tortues, autre requins, thons, mammifères marins ou encore charognes. Son espérance de vie est estimée entre 23 et 60 ans.

Cette espèce vivipare ne se reproduit que quatre à six fois au cours de sa vie, chaque portée comptant sept requineaux en moyenne dont la taille est de 1 m à 1,20m à la naissance.

Le grand requin blanc possède une vision supérieure à celle de l’homme grâce à sa double rétine. Il est possible qu’il perçoive les couleurs.

Les requins de cette espèce marqués par des balises sont suivis par des satellites qui montrent des déplacements de plusieurs milliers de kilomètres. 

L’homme ne fait pas partie des habitudes alimentaire du grand requin blanc même si certains films tendraient à le faire croire. Mais un homme allongé sur une planche de surf avec les quatre membres qui dépassent ne ressemble-t-il pas à une tortue, vue de dessous ?

Cette espèce chassée, pêchée pour le trophée est en danger de disparition et inscrite sur la liste rouge de l’IUCN et à l’annexe II de la CITES. Il est protégé en Afrique du Sud, Australie, Californie et Floride.

Références : Site DORIS de la FFESSM

 

 

 

LES REQUINS

LES REQUINS

L’ancêtre de nos requins actuels date de 450 millions d’années. Ils existaient dans les océans bien avant que les vertébrés aient conquis la terre ferme.

Le plus ancien fossile de requin connu date de 180 millions d’années. La majorité des familles de requins vivant actuellement étaient déjà présentes il y a 100 millions d’années.

Comment des prédateurs aussi géants ont-ils pu apparaître? A cette époque lointaine, le gigantisme était courant (dinosaures…) et la nourriture marine ne manquait pas (mammifères marins, tortues géantes…). Mais y a-t-il d’autres explications ?

On trouve des requins dans la plupart des écosystèmes marins. Les dents récoltées dans les sédiments du monde entier permettent de retracer leur évolution et leur mode de vie. 

  Dent de requin fossile Megalodon

Dent de Megalodon de 10,5 cm

 

Les requins sont des poissons cartilagineux ce qui leur confère une très grande souplesse tout comme leurs cousines, les raies.

Raie manta, Rangiroa 1985  

Raie manta dans un lagon de Polynésie

 

  Requin pointe blanche Maldives 1987 

Requin pointe blanche aux Maldives

Les grandes caractéristiques des requins

Le corps fuselé du requin est adapté à son mode de vie. Il possède de grandes nageoires pectorales, une ou deux nageoires dorsales dont la première est plus développée et une nageoire caudale dont le lobe supérieur est plus grand que le lobe inférieur la plupart du temps.

Chez le requin renard, le lobe supérieur est très long.

Comme tous les poissons, les requins respirent à l’aide de branchies qui extraient l’oxygène de l’eau. Les branchies des requins se terminent par des fentes branchiales qui sont au nombre de 5 à 7 en fonction des espèces.

    Requin peau bleue Fentes branchiales

Fentes branchiales (étalage sur un marché en France)

Pour respirer, certains requins ont besoin de nager en permanence ou de se poser dans une zone face au courant. L’eau pénètre par la bouche, passe à travers les branchies et est évacuée par les fentes branchiales. Certaines espèces vivant sur le fond comme les roussettes, pompent l’eau de manière active.

La bouche est en position ventrale. Les mâchoires sont saillantes et libres par rapport au crâne.

Les dents sont disposées sur 3 à 7 rangées renouvelables de sorte que les dents cassées sont remplacées automatiquement (tous les 15 jours environ) par des dents neuves.

Requin marteau machoire 

Mâchoire de requin marteau

 

Ils ne portent pas d’écailles mais leur peau est recouverte de denticules ce qui leur donne une grande solidité vis à vis des attaques d’autres requins par exemple.

Denticules de la peau du requin peau bleue 

Denticules sur la peau du requin peau bleue

La vision

Les yeux des requins sont semblables à ceux de nombreux vertébrés. Les cellules visuelles sont composées de cônes et de bâtonnets. Les requins possèdent des paupières fixes. Cependant, certaines espèces possèdent une paupière (nictitante) qui se referme sur l’oeil au cours de l’alimentation.

La taille des yeux varie selon les espèces. Les requins d’eau peu profonde possèdent de petits yeux. Les requins de pleine eau, qui sont des prédateurs actifs ont de plus grands yeux mais les yeux les plus grands appartiennent aux requins des eaux profondes. Chez ces derniers, un tapis de plaques réfléchissantes situé sous la rétine augmente la sensibilité.

 Requin peau bleue, membrane nictitante 

Paupière nictitante

Leur température corporelle est élevée. Les requins possèdent des organes sensoriels particuliers situés au niveau de leur museau, les ampoules de Lorenzini. Ce sont de petits organes, récepteurs emplis d’une sorte de gelée. Ils leurs confèrent le sens électrique. Les requins décèlent de faibles différences de potentiel électrique provenant des proies.

Requin peau bleue Ampoule de Lorenzini 

Ampoules de Lorenzini

Les requins ont aussi un sens magnétique. Ils utilisent le magnétisme terrestre

pour leurs longues migrations. 

L’odorat et le goût

Les requins sont très sensibles aux stimuli chimiques qui provoquent une

modification de l’activité nerveuse. Elles leur permettent de détecter les odeurs

diluées jusqu’à un milliard de fois.

L’ouïe

Les requins perçoivent les sons transmis dans l’eau. Des cellules ciliées qui tapissent l’oreille interne, sont reliées à la ligne latérale. Les requins peuvent aussi détecter les mouvements brusques d’un être vivant blessé ou qui panique. Ils entendent aussi les sons de basse fréquence.

Grâce à leur ouïe, ils trouvent leur proie même dans l’obscurité ou dans une eau très trouble.

Le toucher

Les requins possèdent des cellules ciliées à la surface du corps qui renseignent sur la direction des courants. Ils détectent les ultrasons dans l’eau.

La reproduction des requins

Le mode de reproduction des requins est très variable. La fertilisation est interne. Certaines espèces sont ovipares et pondent des oeufs alors que d’autres espèces sont vivipares.

Oeuf de Roussette 

Oeuf de roussette accroché à une gorgone rouge de Méditerranée

L’embryon qui se trouve dans l’utérus, possède un sac vitellin individuel. Chez les femelles requins, certaines espèces possèdent un placenta.

Les amis et ennemis

Certains poissons vivent près des requins sans les redouter. C’est le cas des rémoras, poissons dotés d’une ventouse sur la tête et qui voyagent à peu de frais en se collant à la surface des grands poissons , des reptiles ou même des plongeurs.

Il existe aussi des parasites qui se nourrissent au dépend des requins comme certains vers cestodes ou certains crustacés copépodes. Certains crustacés, comme des crevettes sont des nettoyeuses. Elles ont une relation d’échange mutuel et nettoient le requin, jouant les diététiciennes en échange d’un repas bien mérité.

Des prédateurs redoutables

Le corps fuselé et hydrodynamique des requins leur permet d’atteindre des vitesses de 60 km/h. C’est le cas du requin peau bleue.

En tant que prédateur, le rôle des requins dans l’écosystème est fondamental. Il se positionnent en fin de chaîne alimentaire et apportent une régulation dans l’équilibre des espèces. En chassant de préférence les espèces blessées, malades ou faibles, les requins évitent la propagation des germes infectieux.

L’alimentation des requins

L’alimentation des requins est très variable selon les espèces. Ils se nourrissent de plancton, de petits poissons ou de proies plus grandes comme de poissons de récifs jusqu’à des proies flottant à la surface comme les oiseaux de mer, les tortues ou les phoques.

Le requin tigre mange tout et n’importe quoi pourvu que ce qu’il ingère ait l’air différent du récif au dessus duquel il nage. Ainsi, dans son estomac, des choses étranges ont été retrouvées comme : pots de peinture, vieux pneu…

Le requin gris de récifs se nourrit d’autres poissons. Il chasse la nuit. Il vaut mieux ne pas nourrir les requins gris en plongée sous peine de voir en un instant une meute de requins excité qui n’ont plus d’autres proies que les plongeurs.

 Requin gris, Rangiroa 1993

En 1985, dans la passe de Rangiroa, je plongeais avec Yves Lefèvre qui donnait à manger aux requins. Les requins gris sont arrivés un, deux , cinq, dix, et les poissons apportés ont disparus en quelques secondes. que restaient-il à leur mettre sous la dent? Les requins entraient en frénésie et nous nous étions  approchés du récif. Soudain, un des requins s’approche de moi. J’avais mon boîtier photo entre lui et moi et mes palmes. je l’ai repoussé à l’aide de mes palmes et il s’est dirigé vers l’autre plongeur qui fermait ses poings. Nous sommes ensuite remonté tous les trois sur l’invitation d’Yves, dos à dos, contents de grimper sur le zodiac qui nous attendait en surface.

Afin de s’alimenter, les requins possèdent des mâchoires puissantes garnies de dents qui sont spécifiques au régime alimentaire de l’espèce. Le chapitre suivant sera consacré à ce thème particulier.

Le requin pointe blanche, long et effilé se nourrit la nuit et débusque des poissons qui n’ont pas su bien se cacher entre les coraux.

Le requin pointe noire est bien visible pendant la journée près de la surface. Il n’hésite pas à s’aventurer dans quelques dizaines de centimètres d’eau. Il est peu dangereux mais il pourrait bien par erreur croquer une jambe !

D’autres requins se nourrissent de plancton et sont donc inoffensifs pour l’homme.

C’est le cas du requin pèlerin et du requin baleine, le plus grand de tous les requins. Ce dernier vit dans les mers tropicales riches en plancton.

Où trouve-t-on des requins ?

Les requins sont présents dans tous les océans du globe. Dans les eaux tropicales, près des récifs coralliens, les requins abondent.

En Polynésie, c’est le cas des requins pointes blanches et des requins gris de récifs, des requins pointes noires et des requins citrons.

Aux Maldives, ce sont surtout les requins pointes blanches, les gris de récifs et les requins baleines.

Requin Maldives 1987

En Méditerranée, on trouve aussi des requins comme la roussette, le requin pèlerin, le requin bleu ou le grand requin blanc. 

En Afrique du sud et sur les côtes de l’Australie se trouve le territoire du grand requin blanc.

Le requin tigre nage dans les eaux des Caraïbes.

Dans les grandes profondeurs se trouvent aussi des requins, les chimères qui se sont adaptées à la pression et à l’obscurité. Ce milieu très stable en température reçoit tous les cadavres qui tombent de la surface et des faibles profondeurs si riches en animaux.

Le requin pèlerin vit  en particulier près des côtes bretonnes et en mer d’Iroise .

L’homme prédateurs des requins

Mais le plus grand prédateur des mers, c’est l’homme. La pêche aux requins tourne au massacre. Le fait que le requin soit un prédateur est-il une excuse suffisante pour tendre à le supprimer ?

Chaque atteinte de l’homme sur les populations d’une espèce dérègle de manière grave l’équilibre naturel. De cette façon, le massacre des requins sur les côtes australiennes et d’Afrique du Sud ont eu pour conséquence une augmentation dangereuse des populations de phoques.

Le commerce des ailerons de requins

Les pays asiatiques offrent le marché le plus important de produits à base de requins en particulier d’ailerons qui vont agrémenter leurs potages.

Pourquoi les ailerons? Ils auraient soit disant des vertus aphrodisiaques mais sur ce point tout reste à prouver !

Dans certains pays, les asiatiques exploitent la pauvreté des habitants en payant très cher cette pêche. Il arrive alors que les requins, dépouillés de leurs ailerons soient rejetés à la mer encore vivants mais blessés, incapables de se nager et de s’équilibrer, promis à une mort certaine.

Autres utilisations des requins

En pêche sportive, le requin, prédateur est considéré comme un trophée.

En alimentation, sa chair est vendu sur les marché sous le nom de veau de mer (peau bleue) ou de saumonette (roussette).

Certaines espèces cependant ne sont pas propres à la consommation soit que leur chair n’est pas appréciable soit qu’elle est toxique pouvant transmettre la ciguatera.

Le foie des requins est démesuré. Son huile est riche en vitamine A et en squalène (utilisé par exemple comme adjuvant dans certains vaccins) ou dans l’industrie cosmétique.

Séchage des ailerons de requins Maldives 1987 

Séchage des ailerons aux Maldives

La pêche illégale des requins se pratique dans de nombreux sites de plongée, tels que la mer rouge, la grande barrière en Australie, la Polynésie, le Pacifique, la côte occidentale de l’Afrique, les Caraïbes, l’Indonésie, la Malaisie, l’Inde et le Sri Lanka, même certains zones protégées des Galapagos.

Des requins au secours de l’homme !

L’industrie pharmaceutique s’y met aussi. C’est ainsi que des découvertes récentes amènent certains laboratoires pharmaceutiques à participer au « massacre ».

La poudre de cartilage de requin est vendue dans le monde entier contre le cancer et l’arthrose. Son efficacité reste encore à prouver mais la croyance des patient permet aux laboratoires de réaliser des bénéfices colossaux !

VIDEO LES REQUINS POINTES NOIRES A MOOREA

PORTRAIT D’UN PREDATEUR: ACANTHASTER

PORTRAIT D’UN PREDATEUR : ACANTHASTER

 

Acanthaster plancii ,Phuket Thaïlande 2007

Acanthaster à Phuket

Acanthaster plancii, « l’étoile de mer dévoreuse de récifs », est une étoile massive qui vit dans les zones tropicales de l’Indo-Pacifique. Elle possède un disque central très large. Elle porte de 9 à 23 bras et les épines accérées qui la recouvre peuvent atteindre 6 cm.

Sa taille est déterminée par sa consommation plutôt que son âge, son diamètre peut atteindre 60 cm et elle peut peser 3 kilos. Elle est donc énorme.

Elle se déplace à l’aide d’organes locomoteurs très efficaces, les podias, terminés par des ventouses.

Sa répartition varie avec le temps mais elle est présente dans tout l’Indo-Pacifique tropical, de la Mer Rouge à l’Est du Pacifique en passant par l’Océan Indien.

Ses épines sont venimeuses pour l’homme. Elles contiennent un venin puissant (saponines) qui provoquent à la piqûre une douleur violente suivie de vomissements qui peuvent durer plusieurs jours. Une réaction allergique se produit aussi.

Acanthaster 

Acanthaster à Mooréa

La reproduction est sexuée. Cette étoile de mer possède une forte fécondité, de plus elle possède un fort pouvoir de régénération.  Elle pond de 12 à 24 millions d’oeufs par femelle et sa maturité sexuelle est atteinte dès l’âge de 2 ans. Les gamètes males et femelles sont émis simultanément dans l’eau. Les larves ont un stade planctonique pendant trois semaines. Emportées par les courants, elles peuvent coloniser les récifs jusqu’à 300 km de distance. Elles se nourrissent alors d’algues planctoniques (diatomées…).

Lorsqu’elle atteint 0,5 cm de diamètre, Acanthaster devient benthique et vit sur le récif. Sa nourriture est alors constituée d’algues ou d’éponges. Certaines observations à ce stade ont fait part de canibalisme.

En 6 mois, elle atteint 1 cm et devient juvénile. A ce stade, elle se nourrit alors de corail vivant. Elle préfère les eaux peu profondes et calmes des lagons. Elle est parfois observée sur les pentes externes des récifs dans les zones sans courant.

A l’âge de 2 ans, elle atteint 20 cm. Alors que les juvéniles sont nocturnes et sensibles à la lumière, les adultes se déplacent principalement pendant la journée.

Au stade juvénile, l’étoile a plusieurs prédateurs : le poisson globe, le baliste vert, le poisson napoléon et certains lutjans.

Poisson napoléon 

Poisson napoléon, Mer rouge

La longévité d’Acanthaster est de 5 ans dans le récif et jusqu’à 8 ans en laboratoire. Son âge peut se déterminer en étudiant les stries de croissance situées sur les épines.

Comme les autres étoiles de mer, elle est carnivore. Son régime alimentaire est constitué de corail, les madrépores. Elle broute les parties  vivantes, les polypes, ne laissant que le squelette.

Pour se nourrir, elle dévagine son grand estomac et secrète des enzymes digestives qui lysent et décomposent le corail. Acanthaster peut manger 5 à 6 m2 de corail pendant 6 heures mais elle peut aussi rester 9 mois sans manger.

Cette étoile bénéficie de l’absence de concurence et donc de compétition alimentaire avec d’autres animaux.

Acanthaster a pourtant un prédateur, le Triton Charonia tritonis. Cependant, ce beau coquillage est pêché, collectionnée car sa belle coquille est très recherchée.

Triton Charonia tritonis Moorea 2009

 Triton, Charonia tritonis

Une petite huitre (Pedum sponduloÏdeum) qui vit dans le récif protège le corail qui l’héberge contre ce prédateur en lui envoyant de violents jets d’eau afin de le déloger.

Acanthaster est très mobile et peut parcourir 20 m par heure sur du sable. Des scientifiques ont observé un groupe d’adultes qui s’est déplacé de 580 m en une semaine. L’activité d’Acanthaster est plutôt nocturne mais on peut aussi l’observer pendant la journée. 

Acanthaster plancii Maldives 1987 

Acanthaster, Maldives

Acanthaster est une habitante naturelle du récif lorsque sa densité est faible, c’est à dire de 1 à 15 individus par hectare. Dans ce cas, sa consommation varie de 5 à 13 m2 de corail. 

Lorsque le taux d’Acanthaster augmente, sa consommation devient supérieure à la capacité du corail à croître et se régénérer et il s’en suit une perturbation importante dans l’équilibre biologique du récif. Les dommages peuvent alors être dramatiques.

Au cours des explosions démographiques, Acanthaster a tendance à s’agréger. Il semblerait que les coraux affaiblis par l’étoile les attirent en sécrétant des substances chimiques.

Acanthaster envahit notamment les récifs riches en Acropora et Pollicipora mais aussi en gorgones, algues ou moules si  »son corail préféré » n’est pas accessible. Elle a la capacité de reconnaître ce qu’elle a déjà consommé et de marquer ainsi des préférences gustatives. Il s’ensuit donc une mortalité sélective qui pertube la biodiversité du récif entier. 

Ses préférences vont vers les grandes tables d’Acropora.

Acropora, Mer Rouge 1998 

Acropora, Mer rouge

Les Porites possèdent des nématocystes virulents et présentent un support moins accessible à l’étoile.

Les Pollicipora présentent des surfaces de contact accessibles, de nombreux habitants, bien que petits par leur taille, défendent le corail. C’est le cas des crabes, crevettes ou encore petits poissons.

Acanthaster ne s’attaque pas au corail de feu, Millepora et l’on peut comprendre pourquoi, ni à d’autres genres comme Favia ou Montastrea.

Alors que les individus isolés montrent des préférences nutritionnelles nettes, cela varie lorsque les étoiles sont en groupe lors d’une explosion démographique. Elles peuvent alors détruire 90 % du récif jusqu’à 30 m de profondeur. Le retour à un état d’équilibre est atteint au bout de 10 à 15 ans. Par exemple, en Australie, la partie Nord de la Grande Barrière de corail a été envahit par Acanthaster et 80% du récif a été détruit en 1969 jusqu’à une 40 m de profondeur et a retrouvé son état « originel » vers 1981.

Lorsqu’une explosion démographique d’étoiles apparaît, elle est soudaine et simultanée dans plusieurs zones.

Pourquoi ces explosions démographiques apparaissent-elles ?

Une infestation soudaine se produit à la suite de changement environnementaux (salinité, température, nutriments…). Les invasions d’Acanthaster pourraient être des phénomènes naturels qui apparaissent régulièrement . On pourrait considérer dans le premier cas qu’Acanthaster réalise une régulation sur le récif de corail afin d’éviter la prolifération d’espèces invasives. Mais le stress induit par cette étoile de mer peut ne pas être le seul. Cela pourrait être une conséquence de la pression humaine, surpêche du Triton (Charonia tritonis), son principal prédateur, incidence de l’utilisation d’engrais, augmentation des constructions, déforestation…).

Avant l’invasion le récif est constitué de nombreux coraux et peu d’Acanthaster puis le nombre d’étoiles augmente au détriment du corail. Au pic de l’explosion, la quantité d’Acanthaster est très importante et la proportion de coraux récemment morts est importante. A la fin de l’explosion, la quantité de corail subsistant est très faible et la population d’Acanthaster diminue rapidement. Le corail repousse et le récif retrouve enfin un état d’équilibre.

Les explosions d’Acanthaster peuvent durer de 2 à 5 ans mais peuvent se prolonger jusqu’à 15 ans dans certains grands récifs comme la Grande Barrière de corail. Lorsque le récif est détruit, plusieurs cas de recolonisation peuvent se produire. Dans le meilleur des cas, un recouvrement corallien s’effectue mais le récif corallien ne retrouve son équilibre qu’au bout de 10 à 15 ans. 

Des alcyonaires, coraux mous peuvent recoloniser le récif. Si la destruction du récif est trop sévère, les algues prolifèrent surtout en cas d’augmentation en sels minéraux (nitrates, phosphates, sulfates…) de l’eau de mer. Les algues se développant plus  rapidement que les coraux, cette étape est peu réversible du moins tant que la concentration en sels demeure importante.

En Polynésie Française, de nombreuses zones ont été définies et sont surveillées sur plusieurs îles et les observations faites par les bénévoles dans 12 îles sont très précieuses. Les zones déterminées, les transects, permettent un suivi attentif et efficace des populations d’étoiles.

Depuis 2002, on note une augmentation de ces populations ainsi qu’une diminution de la couverture corallienne sur la pente externe de plusieurs sites.

L’homme doit-il intervenir pour réguler ces populations ?

Pour certains, cela devrait être systématique, pour d’autres, cela ne devrait se faire qu’en cas de pullulation de l’étoile de mer et de risque de destruction massive du récif.

Sur de nombreux récifs du Pacifique (Fidji, Samoa, Japon, Australie…) des actions de ramassages d’Acanthaster ont eu lieu et dans certains cas, les étoiles ramassées atteignaient 200 000 à 40 000 individus.

La collecte se pratique à l’aide d’un long bâton sur lequel le plongeur enfile les étoiles les unes après les autres. Ce travail est long et fastideux et le plongeur peut se blesser par piqûre.

L’injection de poison dans le corps d’Acanthaster a aussi été pratiqué à l’aide d’un fusil et d’une aiguille. Les substances chimiques utilisées étaient formol, acide acétique, sulfate de cuivre ou bisulfate de sodium. Bien sûr, ces produits se diluent dans la mer et peuvent nuire rapidement à la santé du récif tout entier.

Toute nouvelle substance chimique introduite peut avoir des effets désastreux sur l’ensemble de la communauté récifale. Mais ne faudrait-il pas agir avant sur les modifications chimiques de l’eau et diminuer les épandages d’engrais? Créer des centrales d’épuration afin que l’eau déversée dans la mer soit de meilleure qualité? Limiter les installations humaines ?

Les interventions humaines commencent par l’information de la population locale, le repérage des groupes d’Acanthaster, le suivi attentif de l’évolution de la situation.

Références : Doris, site de la FFESSM

Etude de Elodie Lagouy « Etat des lieux des étoiles de mer épineuses Acanthaster plancii en Polynésie française », 2007

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