Archives pour la catégorie PORTRAITS DE PREDATEURS

RENCONTRE AVEC LE REQUIN BALEINE, MALDIVES 2017

RENCONTRE AVEC LE REQUIN BALEINE

La rencontre avec le requin baleine est toujours un évènement extraordinaire. Je plonge tous les ans, mais je n’en ai pas vu depuis 7 ans, c’était à Djibouti, en 2010. Nous étions cinq plongeurs, aucun autre bateau à l’horizon.

Cette fois-ci, les conditions sont très différentes. Il y a une dizaine de bateaux. certains sont des bateaux de plongée, d’autres sont des grandes barques qui amènent les touristes au spectacle. des cohortes de touristes asiatiques sont habillés de couleurs fluo avec des gilets de sauvetage. Il gigotent serrés les uns contre les autres dans l’eau.

Soudain, il arrive.

Nous nous mettons à l’eau mais quelle foule en surface. c’est difficile de se frayer un chemin. Chacun pour soi…

Quelques prises de vue… Je me retrouve face à lui lors de sa remontée, moment extraordinaire que je capte dans mon appareil photo qui fait aussi vidéo. Mais la foule se rapproche de lui, il n’a que peu de place pour évoluer, lui, le géant.

Coups de palmes, chacun veut se trouver au premier plan. Il redescend plus profond, histoire d’être tranquille…

Nous remontons sur le bateau et nous partons plonger (avec bouteilles).

En cours de plongée, nous le revoyons, entouré de plongeurs, mais nous pouvons l’observer dans le calme.

Encore quelques prises de vue.

Vidéo visible ici.

 

 

 

PORTRAIT DE PREDATEUR: LA PHYSALIE

PORTRAIT DE PREDATEUR : LA PHYSALIE

Physalie Madère

Physalie flottant au large de Madère

La physalie (Physalia physalis) encore appelée galère portugaise est en réalité une colonie constituée d’une multitude d’individus.

Les hydraires sont regroupés pour former un individu « d’ordre supérieur » où chaque individu possède un rôle précis, nourriture, défense, reproduction ou sustentation. Un grand flotteur remplit de gaz maintient l’animal à la surface de l’eau à la merci des vents et des courants.

Les tentacules urticants peuvent traîner sur plus de 10 mètres sous le flotteur. La physalie a un pouvoir très urticant peut être dangereuse pour les baigneurs. C’est en étudiant cette méduse que Richet et Portier découvrirent l’anaphyllaxie en 1901.

1953-cinquantenaire-de-la-decouverte-de-l-anaphylaxie-par-les-professeurs-charles-richet-et-paul-portier-1901

En 1913, le prix Nobel de médecine a été attribué à Charles Richet (1850-1935) pour la découverte, en 1902, de l’anaphylaxie.

C’est lors d’une croisière scientifique sur le bateau d’Albert 1er de Monaco, La Princesse Alice,  que Paul Portier (1866-1962) et le zoologiste et Charles Richet (1850-1935), professeur de physiologie à la faculté de médecine découvrent « l’anaphylaxie ».

Voyageant au large des iles du Cap vert, ils étudient  la toxicité des filaments pêcheurs des physalies, des méduses flottantes fréquentes le long de ces côtes. Ils découvrirent la présence dans les filaments d’une hypnotoxine qui agissaient sur le système nerveux central des proies venues à leur contact.

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Physalie échouée sur une plage du Costa Rica

A cette époque (1902), la vaccination avec l’injection de micro-organismes inactifs ou affaiblis,  était connue pour protéger de certaines infections en renforçant l’immunité (la phylaxie). Les expériences donnant lieu à l’injection d’un venin en quantité très faible auraient dû donner, selon les chercheurs, un effet de protection contre ce venin. Mais, surprise, c’est le contraire qui arriva.

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Physalie échouée parme les galets, Guadeloupe

La plupart des expériences furent pratiquées sur des chiens. La première injection  était nommée « préparante ». La deuxième déclenchante provoquait la mort des chiens si elle était donné plus de deux semaines après la première et ne provoquait rien si elle était donnée dans un délai de quelques jours.

Les animaux qui étaient « vaccinés » mourraient alors qu’ils recevaient des doses qu’ils auraient dû supporter. En réalité, il s’agissait d’une réaction allergique violente appelée par P.Portier « anaphylaxie » et l’animal au lieu d’être immunisé était sensibilisé. La réaction allergique est liée à la libération de médiateurs chimiques en particulier l’histamine

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Physalie échouée sur une plage du Costa Rica

  Lien avec le blog très intéressant de l’Association Amicale des Anciens Internes des Hopitaux et Hospices Civils de Paris

LES CONES VENIMEUX

LES CONES VENIMEUX

Les cônes sont des gastéropodes qui possèdent de belles coquilles dont les collectionneurs sont friands. Cependant, ces coquillages vivants se nourrissent en tuant leurs proies à l’aide d’une arme redoutable, un harpon dont la flèche est remplie d’un venin très puissant.

Selon leur mode de nutrition, les cônes sont plus ou moins dangereux pour l’homme.

Conus miles Nosy Bé copie

Cône soldat (Conus miles) 

La nutrition des cônes

Les cônes sont classés selon trois catégorie : les vermivores, les piscivores et les malacophages.

Les cônes vermivores se nourrissent de vers annélides polychètes (vers pourvus de soies). Ils ont besoin de peu de venin pour tuer leur proie qui sont relativement petites. Ils possèdent une ouverture étroite. Ils constituent 65 % des espèces de cônes. On y trouve Conus betulinus, Conus imperialis, Conus lividus, Conus striatellus

Les cônes piscivores se nourrissent de poissons. Ces poissons, très mobiles par rapport aux cônes peu mobiles et posés sur le fond ont donc besoin d’être immobilisés rapidement. Le venin des cônes piscivores est donc rapide et puissant. On y trouve des cônes dangereux pour l’homme et certains ont une piqûre mortelle. L’ouverture de la coquille est élargie, permettant aux poissons partiellement digérés de rentrer par cette ouverture.Ils constituent 20 % des cônes. Conus geographus (espèce mortelle), Conus consors, Conus magus, Conus ermineus

Conus geographus Nosy Bé copie

  Cône géographe (Conus geographus) un cône piscivore

Les cônes malacophages se nourrissent de mollusques y compris de cônes. Et oui, des cônes peuvent se dévorer entre eux. On y trouve aussi des cônes dangereux et mortels. Conus textile (espèce mortelle), Conus gloriamaris, Conus marmoreus

L’appareil venimeux

L’appareil venimeux des cônes se compose d’une glande volumineuse, la glande de Leiblin. Cette glande sert de pompe pour l’expulsion du venin fabriqué dans le conduit, canal glandulaire où s’élabore le venin et qui relie la glande à l’extrémité buccale. 

La radula est contenue dans une gaine à deux branches disposée en L avec dans chaque branche des dents mesurant entre 5 et 10 mm et se terminant à leur pointe par un harpon. Le cône engage une dent dans la trompe lorsqu’il chasse. Elle se projette en avant à une vitesse fulgurante et injecte le venin dans la proie. 

Conus miliaris Nosy Bé (10) copie

Conus miliaris

 

La composition des venins et les applications thérapeutiques 

Les venins de cônes sont composés de toxines, polypeptides, c’est-à-dire de longues chaines d’acides aminés. La séquence de ces acides aminés peut être déterminée par des laboratoires spécialisés. Les chercheurs ont déterminé des séquences communes d’acides aminés en relation avec la toxicité des venins. La structure spatiale de ces molécules est déterminée entre autre par des ponts disulfures entre les acides aminés soufrés comme la cystéine. Cette structure spatiale est très importante car elle détermine les possibilités des toxines d’entrer dans les cellules.

Les venins de cônes sont thermostables. La chaleur ne les détruit donc pas contrairement aux venins des méduses par exemple. Les toxines de cônes ou conotoxines agissent au niveau de la jonction neuromusculaire donc entre le nerf et le muscle. L’arrêt de la transmission nerveuse à se niveau se traduit par une paralysie. 

Conus ebraeus Nosy Bé copie

Conus ebraeus, uncône vermivore

Les conotoxines agissent aussi sur les cellules en bloquant certains canaux qui permettent les équilibres ioniques entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule. Les ions concernés sont le sodium, Na et le calcium, Ca.  Elles sont d’une grande diversité et représentent une source d’outils remarquables dans le domaine des neurosciences.Elles constituent ainsi des outils pharmacologiques particulièrement recherchés à la fois pour identifier et étudier certaines fonctions du système nerveux. 

De même, elles permettent de caractériser de nouveaux types de récepteurs ou de canaux ioniques. 

calque cone marmoreus

Cône marbré (Conus marmoreus)

Certaines de ces toxines font l’objet d’études pour des traitements analgésiques (soulagement de la douleur), d’épilepsies ou la récupération de nerfs endommagés.  Une fois que la séquence des acides aminés est connue, la toxine peut être synthétisée. De faibles variations d’acides aminés peuvent donner des effets thérapeutiques recherchés. 

Une des toxines de C. malus (ω conotoxine) a permis par exemple la synthèse du Prialt®, utilisé pour le traitement de douleurs intenses chroniques. Elle est 2000 fois plus active que la morphine et sans les effets de dépendance physique. 

Une des toxines de C. victoria (l’αlpha conotoxine) modifiée dans sa structure a permis la synthèse d’un médicament utilisé dans le traitement des douleurs neuropathiques 100 fois plus actif que la gabapentine. 

 

PORTRAITS DE PREDATEURS

PORTRAITS DE PREDATEURS

Les prédateurs sont des organismes vivants qui tuent des proies pour se nourrir ou pour nourrir leurs petits. Ils jouent un rôle écologique indispensable dans la chaine alimentaire et dans l’équilibre des espèces en éliminant les plus faibles, les animaux malades et évitent ainsi la propagation des maladies Ils régulent aussi la croissance de certaines espèces.

Voici dans cette catégorie les prédateurs que je vous présente :

L’ACANTHASTER Acanthaster dévoreuse de corail

LES PRINCIPALES ESPECES DE REQUINS Requin pointe noire

MACHOIRES DE REQUINS ET DENTS Dent de grand requin blanc

MARQUAGE DES REQUINS A MOOREA Marquage des requins à Mooréa

 

MARQUAGE DES REQUINS A MOOREA

 MARQUAGE DES REQUINS A MOOREA

 

Nous sommes à Moorea, en Polynésie française. Avec la France, il y a onze heures de décalage horaire. C’est le mois de janvier et la température de l’air est de 35°C avec 80% d’humidité, plutôt étouffant. Celle de l’eau est de 29°C, très agréable. Johann, étudiant en biologie marine travaille sur les requins. L’un de ses objectifs est de marquer les requins pointes noires et les requins citrons avec un émetteur afin de connaitre leurs déplacements autour de l’île.

 Requin citron récif de Moorea Requin citron

Des récepteurs,  situés autour de l’île de Mooréa enregistrent leurs déplacements. Comme les requins font de nombreux allers retours, cette analyse n’est pas simple.

Etude des requins pointe noire Moorea

L’autre objectif est d’effectuer des prélèvements génétiques sur les requins pointes noires afin de savoir s’ils appartiennent à une seule et même lignée et si les petits migrent à un autre bout de l’île lorsqu’ils deviennent adultes.

Il y a plusieurs procédés pour pêcher les requins:

Ils peuvent être pêchés du bord, ceci pour les petits requins qui s’approchent près de l’île. Ils peuvent être pêchés en bateau pour les plus gros. Enfin, la pose  d’émetteur peut se faire directement dans l’eau en plongée mais cela, c’est affaire de gens expérimentés. certains apnéistes parviennent à le faire.

Nous partons ce soir pour une petite plage sur la côte nord de Moorea pour la pêche au requin du bord. Il y a un faible courant. Dans 50 centimètres d’eau, Johann mouille le filet, large de 5 mètres environ. Il retiendra les requins lors de leur passage.

 Marquage des requins pointes noires Moorea

L’ appât est mis à l’eau au milieu du filet du côté du courant de sorte que l’odeur dégagée se répand de l’autre côté du filet. En remontant le courant, les requins rencontreront le filet avant l’appât. Cet appât est constitué de poissons morts dans un sac en grillage métallique.

L’attente commence. La première demi-heure, rien ne se passe . Par contre sous l’eau, l’odeur se répand par diffusion.  Le soleil s’est couché et le ciel commence à se parer de milliers d’étoiles. Quelques étoiles filantes, fugaces, vite, un vœux! Johann observe la moindre ride à surface de l’eau, guettant l’approche des requins.

Ça y est, quelques vaguelettes reflètent une présence. Un petit requin est venu se coincer dans le filet. Johann le saisi par la queue et le détache.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Sur le bord de l’eau, il va le mesurer puis faire un petit prélèvement à la base de la deuxième nageoire dorsale.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Une analyse génétique traduira l’éventuelle parenté des différents requins prélevés. 

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Le petit requin de 50 centimètres est remis à l’eau et repart après quelques minutes passées sur l’autre monde, la terre.

Marquage des requins pointes noires Moorea

La lune se lève. C’est la pleine lune et sous ce nouvel éclairage, les étoiles semblent disparaître. Reflets dans l’eau calme, petit bateau de pêche qui se mire sous la lune.

Le décor est majestueux sous le bruit des vagues qui brisent au loin sur le récif barrière.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Cette pêche, comme les autres d’ailleurs, demande beaucoup de patience.

Nous attendons encore mais personne en vue. Vers 21 heures, nous repartons après avoir levé le filet.

Le lendemain, nous allons pêcher en bateau sur la côte ouest de l’île. L’appât est toujours le même, des restes de poissons morts dans un panier en grillage métallique.

Etude des requins pointe noire Moorea 

Solide, il résiste aux éventuelles morsures de requins.

Nous mouillions l’ancre dans une dizaine de mètres d’eau. L’eau transparente laisse apparaître les différentes nuances de bleu du fond sur le récif de corail. Le temps que l’odeur diffuse dans l’eau nous avons le temps de nous mettre à l’eau pour faire un peu de PMT (palmes, masque, tuba).

De ce côté de l’île, le récif est plutôt « en bonne santé » et la plupart des coraux sont vivants, ce qui n’est pas le cas sur la côte nord ou la plupart des coraux sont morts, victimes des invasions d’Acanthaster, l’étoile de mer « dévoreuse de corail ».

Acanthaster 

Acanthaster

Une fois les coraux digérés par l’Acanthaster, « Taramea » en polynésien, les algues symbiotiques s’évadent, les coraux blanchissent et des algues filamenteuses vertes ou rouges envahissent la surface du squelette corallien de manière irréversible.

Nous sommes donc sur le bateau juste à l’extérieur du récif barrière. De longues vagues de houle soulèvent le bateau mais personne n’a le mal de mer, heureusement. Johann nous demande de remonter à bord car un requin s’approche de l’appât.

 Marquage des requins pointes noires

Il prend sa canne à pêche, une belle tête de poisson au bout de la ligne munie d’un gros hameçon, donne du fil. Le requin tourne puis un autre arrive. Nous pouvons les apercevoir dans la transparence de l’eau. Ils ne se jettent pas sur la tête de poisson d’office mais effectuent plutôt une approche lente afin d’inspecter cette nourriture inhabituelle qui ne transmet aucune vibration comme le ferait un poisson blessé, pour eux qui sont plutôt des chasseurs nocturnes.

Etude des requins pointe noire Moorea

Finalement, un des requins mord à l’hameçon. Il est gros, un peu plus d’un mètre et il faut le ramener doucement mais fermement.

Etude des requins pointe noire Moorea 

Johann, accroché à sa canne à pêche rembobine lentement mais sûrement le fil. Le requin nage activement et essaye de s’éloigner du bateau. Il faut avoir beaucoup de force pour garder la canne entre les mains sans qu’elle n’échappe ou ne glisse. Le requin est de plus en plus proche du bateau mais tout n’est pas joué. Il faut maintenant le hisser à bord.

Prendre un requin dans l’eau pour le hisser dans le bateau est difficile car le requin se débat. Celui-ci n’est pas trop gros et Johann le prend par la nageoire dorsale d’une main, par la queue de l’autre et le hisse sur le bateau.

Etude des requins pointe noire Moorea

Un petit prélèvement à la bas de la nageoire dorsale quelques mesures .

Deux photos pour l’identification et le requin est remis à l’eau.

Etude des requins pointe noire Moorea

Quelques temps après, un plus grand requin mord à l’hameçon. Même approche lente pendant que Johann rembobine le fil de la canne à pêche. Il faut maintenant le hisser à bord. Johann le prend d’une main par la queue, de l’autre par la nageoire dorsale mais l’animal se débat, il est lourd. Johann lâche. Il a préparé un nœud coulant et essaye de l’accrocher à la queue du requin.

 Etude des requins pointe noire Moorea

Ce n’est pas si facile car le requin lui échappe encore. Enfin, il parvient à lui passer le nœud coulant. Il faut maintenant le soulever pour passer sur le bateau.

Marquage des requins pointes noires Moorea

C’est une femelle. Une fois sur le bateau, elle est immobilisée, l’un des équipiers la maintient par la main fermement appuyée sur sa tête.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Johann fait ses mesures, le prélèvement génétique. Il va ensuite placer un récepteur sur le requin.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Il perce deux trous dans la nageoire dorsale à l’aide d’un tournevis. Pas de réaction de l’animal qui ne doit rien sentir sur sa nageoire cartilagineuse. L’émetteur est solidement fixé.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Cependant, il ne restera pas plus d’un an en moyenne car les frottements de l’eau ou la tentative du requin de se débarrasser de ce chargement inutile (pour lui) font que l’émetteur disparaît au bout d’un an environ. Plusieurs requins sont ainsi marqués autour de Mooréa et Johann inspecte régulièrement les récepteurs afin de recueillir les précieuses données.

Quelques photos des nageoires pour l’identification puis c’est la remise à l’eau.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Johann maintient le requin par la nageoire dorsale afin qu’il retrouve ses esprits et qu’il ne coule pas directement. Ça y est, le requin nage et lâché, il repart tranquillement dans son monde sous-marin. 

Etude des requins pointe noire Moorea

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