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LES EPONGES

LES EPONGES

NS Eponge Martinique 1

 

« L’éponge végétale », ça n’existe pas !

Les éponges ressemblent à des végétaux mais ce sont des animaux très simples et primitifs. Elles sont immobiles et leur strucuture est unique parmi les invertébrés. Elles n’ont pas d’organes définis. Elles se nourrissent par filtration.

L’éponge  entretient un courant d’eau à travers un système de canaux qui la traverse à l’aide de cellules ciliées spécialisées. Ce courant d’eau apporte à l’éponge les nutriments nécessaires. Les déchets sont évacués par l’orifice principal, l’oscule. Il est en relation avec des pores, petits orifices situés sur la surface de l’éponge.

Les cellules reposent sur une matrice gélatineuse supportée par une charpente ou squelette comportant des spicules calcaires ou siliceux. La matrice peut être fibreuse et s’appelle la spongine.

Différents spicules d'éponge

Les éponges sont dépourvues de tube digestif, d’appareil sensitif ou de système nerveux. Le modèle de base est une urne constitué d’une cavité centrale entourée par la paroi percée de pores.

Schéma d'une éponge

Les couleurs, parfois vives, sont dues à la présence dans leurs tissus d’algues, les cyanobactéries. Les éponges plus évoluées possèdent une paroi interne plissée qui lui permettent d’augmenter l’efficacité du système de filtration.

Les formes des éponges sont variées : en forme de rameaux ou d’urne dans les endroits calmes et abrités, arrondies ou applaties dans les zones battues par les vagues.

Les éponges se retrouvent dans toutes les mers et à toutes les profondeurs. Elles sont composées de cellules spécifiques qui constitue une charpente. Celle-ci est soutenue par un squelette de spicules soit calcaires, soit siliceux.

On les trouve sur les substrats durs, tombants, pierres, corail, coquillages… Elles s’associent avec d’autres animaux. de nombreuses anémones trouvent refuge dans leurs pores. Certains mollusques se recouvrent d’éponges pour échapper à leurs prédateurs. elles vivent associées à certaines bactéries, les cyanobactéries qui leurs donnent leur couleur et participent à certains échanges chimiques.

La reproduction peut être asexuée et l’individu se reproduit par bourgeonnement, ou sexuée. Certains éponges sont hermaphrodites, d’autres ont des sexes séparés. Les éponges émettent les gamètes males et femelles dans la mer de manière synchrone à l’aide de signaux chimiques. Les éponges femelles, émettent des ovocytes en grappe par leurs oscules. Les cellules restent accrochées à l’éponge par un filament de mucus. Les éponges mâles émettent des spermatozoïdes en forme de nuages très denses. La fécondation a lieu dans l’eau.

Les éponges hermaphrodites renferment des cellules sexuées males et femelles. La fécondation se déroule à l’intérieur de l’éponge et donne naissance  une larve ciliée qui mène une brève existence planctonique avant de se fixer.

La nourriture des éponges est constituée d’algues, de petits animaux  planctoniques ainsi que de détritus.

Les éponges possèdent un très fort pouvoir régénérateur. Les cellules d’un individu écrasé se regroupent afin de reformer un  nouvel individu. Il faudrait écraser toutes les cellules d’un individu pour empêcher qu’il se reconstitue.

Les éponges peuvent héberger de nombreux animaux qui se fixent ou se réfugient dans les pores ou dans les canaux intérieurs.  

Dans les zones polluées, la majeure partie des espèces sous-marines a disparue mais les éponges subsistent. En tant qu’animaux peu évolués, elles ont su s’adapter à de nombreuses situations environnementales. Elles sont alors de petite taille et plus ternes. Si les particules en suspension sont trop importantes, elles peuvent obstruer les pores et causer la mort de l’éponge.

Eponge Axinella damicornis

L’éponge Axinella damicornis de couleur orangé vit dans les eaux calmes et peu profondes de Méditerranée. Ses pores sont souvent colonisées par de petites anémones de la même couleur (Parazoanthus axinellae). Les anémones profitent d’un courant d’eau entretenu par l’éponge et d’une place de choix alors qu’elle renforce la solidité de la strucutre de l’éponge.

Cette association qui apporte un bénéfice aux deux partenaires est une symbiose.

Eponge Crambe crambe

Crambe crambe est une éponge encroutante rouge orangé très commune en Méditerranée. Les canaux et les oscules sont très visibles.

Eponge Xestospongia Guadeloupe, 1993

Xestospongia muta est une grande éponge typique des eaux Caraïbes. Elle peut atteindre 1,5 m de haut et 1 m de circonférence. Elle sert d’abri à diverses espèces comme les crabes en particulier la nuit.

Eponge Aplysina aerophoba, Méditerranée

Aplysina aerophoba est une éponge jaune vif qui vit dans les eaux peu profondes de Méditerranée. Elle atteint 10 cm de haut et vit posée sur le fond ou au plafond des grottes.

Eponge Aplysina fistularis

Aplysina fistularis vit dans les eaux Caraïbes. Elle forme de grands vases jaunes de 30 à 50 cm de haut.

Eponge Acanthella acuta

Acanthella acuta est une éponge épineuse orange aux papilles conique qui fait penser à un cactus.

LES CNIDAIRES VENIMEUX ET L’HOMME

LES CNIDAIRES VENIMEUX ET L’HOMME

Définition

Situé sur les branches basses de l’arbre de l’évolution, les Cnidaires, entendez méduses, corail, anémones de mer, appartiennent à l’embranchement des Cœlentérés, du grec Coelenteron qui veut dire « intestin creux ». En effet, ces animaux sont constitués d’une poche creuse où s’opère la plupart des phénomènes physiologiques, la nutrition, la reproduction et la respiration.

Anatomie et physiologie

Les Cnidaires suivent tous le même plan fondamental, une symétrie autour d’un axe central. Le corps adopte la forme d’un sac. La cavité centrale est entourée de tentacules et fait office d’estomac. L’orifice, dirigé vers le haut, sert aussi bien de bouche que d’anus. Les tentacules ont des nombres différents selon les espèces. Ils sont soit au nombre de 8 (pour les Octocoralliaires) comme pour le corail rouge, les gorgones…) ou un multiple de 6 (pour les Hexacoralliaires) comme les madrépores ou les anémones de mer…).

Les Cnidaires ont inventé une technique de défense et de nutrition révolutionnaire dans l’histoire de l’évolution. En effet, ces animaus fixés lorqu’ils sont polypes et libres mais peu mobiles lorsqu’ils sont méduses se nourrissent d’animaux qui sont eux très mobiles, souvent des poissons. Il faut donc pouvoir les immobiliser et rapidement.

Des cellules spécialisées, pourvues d’un aiguillon, les cnidoblastes (ou nématocystes) paralysent les proies qui sont dirigées vers la bouche à l’aide des tentacules.

Gorgone dans le courant Gorgone aux Maldives

 

Bloc de corail Guadeloupe 1987 Corail et ses polypes déployés de nuit

La fonction venimeuse

Cnidoblaste 2 Schéma d’un cnidoblaste x 100

Certaines zones du corps des Cnidaires sont constituées de cellules spécialisées, les cnidobastes.  Elles possèdent un cil à l’extrémité très sensible aux vibrations extérieures.

Ces animaux, les polypes, ont inventé la technique du harpon, technique qui fonctionne à tous les coups. C’est dans la couche externe, l’ectoderme, que se trouvent ces cellules armées spécialisées caractéristiques, les cnidoblastes. 

Cnidoblaste 1  

                           Shéma de l’intérieur d’un cnidoblaste x 100                                       

Cette arme ingénieuse, à la fois offensive et défensive est un mélange stupéfiant du fusil sous-marin et de la seringue hypodermique.

- Fusil sous marin pour la détente, un harpon attaché par un fil et un ressort

- Seringue hypodermique pour l’injection d’une substance toxique. 

Lorsqu’un organisme affleure le cnidocil, le couvercle de la capsule s’ouvre brutalement. Le liquide interne,venimeux, subit une brusque décompression et expulse en le déroulant le filament urticant. Ses barbillons déchirent la victime et le fil s’enfonce dans le corps comme une aiguille qui instantanément inocule le venin. Ayant rempli sa mission, le cnidoblaste, devenu inutilisable meurt. Il est aussitôt remplacé par une autre cellule dont la différentiation aboutit à un cnidoblaste identique. 

Cnidoblaste 3 

Shéma d’un nématocyste x 100

Il existe plusieurs variétés de cnidoblastes : les spirocyctes et les nématocystes.

Les spirocyctes possèdent un axe central ou hampe autour duquel un filament mince et visqueux s’enroule en spirale., le tout rappelant le baton d’Esculape. Les nématocystes, beaucoup plus fréquents, comprennent des formes variées. Leur filament dévaginé est couvert de petites épines. Certains nématocystes dont la hampe est renforcée, peuvent perforer la carapace de petits crustacés et y injecter un poison paralysant. Il existe des capsules à stylet pénétrant (sténotèles) des capsules préhensiles où le filament s’enroule autour de la proie (sémonèmes) et des capsules à glue ou isorhizes. Un microdrame se joue en quelques millièmes de secondes à l’échelle des 50 microns du cnidoblaste. Les substances toxiques contenues dans les cnidoblastes provoquent la mort quasi immédiate des petits animaux planctoniques et des petits poissons. Plusieurs toxines ont été identifiées mais la plus importante est l’actinocongestine, puissant venin contenu dans certaines actinies.

Les venins sont composés de nombreuses enzymes parmi lesquelles se trouvent l’ATPase, l’AMPase, la RNase, la DNase, l’aminopeptidase. Ces enzymes hydrolysent l’ATP, l’AMP, l’ADN et l’ARN et détruisent ces substances chimiques indispensables à la vie. D’autres substances sont cytolytiques, c’est à dire qu’elles détruisent les cellules en modifiant la perméabilité tissulaire (action détergente sur les lipides membranaires). Il existe aussi des substances cardiotoxiques et neurotoxiques. Elles agissent sur l’organisme en se fixant à proximité des canaux sodium des cellules et modifient ainsi les équilibres ioniques essentiels au niveau du cœur. Ces armes sont de taille différent en fonction des espèces et sont donc plus ou moins meurtrières.

Pour l’homme, les coraux peuvent infliger des blessures importantes au plongeur qui « touche à tout » ou encore s’il attrape les coraux lorsqu’il est mal équilibré.  Dans les mers chaudes, il vaut mieux avoir une combinaison de plongée fine afin de ne pas se blesser.

Blessures par du corail

corail Meandrina

Ce beau corail en méandres du genre Meandrina a infligé une blessure sérieuse à cette plongeuse. Certains coraux sont peu urticants pour l’homme, c’est le cas du corail rouge  ou des gorgones de Méditerranée. Cependant, les coraux madréporaires avec leur squelette calcaire, que l’on trouve dans les mers chaudes, sont très coupant. Ils peuvent créer des blessures. 

Fungia corail champignon 

Fungia, corail champignon

De plus, la plupart du temps, un simple effleurement sur des coraux, des anémones ou des méduses crée une réaction allergique plus ou moins vive.

Pour soigner les blessures liées au coraux, il est recommandé de bien nettoyer la plaie, d’appliquer une pommade antihistaminique afin de lutter contre la réaction allergique liée aux cellules urticantes. Il est parfois nécessaire d’ajouter des antibiotiques pour lutter contre l’infection.

Les principales espèces venimeuses pour l’homme

Les hydraires sont de petits Cnidaires qui colonisent souvent les épaves, certaines algues et ressemblent à de petites plumes. C’est le cas d’Eudendrium ramosum dont les colonies en buisson portent un anneau unique de tentacules filiformes.

 Eudendrium ramosum

On les trouve aussi les hydraires sur certaines gorgones comme sur cette photo prise en Guadeloupe.

Hydraires urticants sur gorgones, Guadeloupe

Le Millepora alcicornis ou corail de feu portent de petits polypes englobés dans un squelette calcaire arborescent qui peut s’étendre sur plusieurs mètres. Il est reconnaissable par sa couleur jaune verdâtre et ses terminaisons plus claires.

Millepora corail de feu

Millepora, corail de feu

Le Millepora dichotoma, autre corail de feu possède des ramifications dichotomiques. Il vit dans la région Indo-Pacifique.

Halocordyle disticha, ou ortie de mer vit en Méditerranée et en Atlantique à partir de 10 mètres de profondeur sur les falaises bien éclairées. Elles peut former de grandes colonies de 10 à 20 cm de hauteur. Ses polypes sont fortement urticants.

Alicia mirabilis est une grande anémone qui vit sur les fonds coralligènes et dans les prairies de posidonies entre 10 et 40 mètres de profondeur. Elle ne s’épanouit que la nuit. De jour, elle se recroqueville sur elle même de sorte qu’il ne subsiste qu’un cône brunâtre recouvert de vésicules urticantes.

Certaines anémones de mer peuvent aussi laisser des traces chez les plongeurs, c’est le cas du genre Aiptasia.

Physalie échouée

Physalie échouée sur une plage du Costa Rica

Physalia physalis encore appelée galère portuguaise est une colonie constituée d’une multitude d’hydraires regroupés pour former un individu « d’ordre supérieur » où chaque individu possède un rôle précis, nourriture, défense, reproduction ou sustentation. Un grand flotteur remplit de gaz maintient l’animal à la surface de l’eau à la merci des vents et des courants. Les tentacules urticants peuvent traîner sur plus de 10 mètres sous le flotteur.

La physalie possède un pouvoir très urticant peut être dangereuse pour les baigneurs.

C’est en étudiant cette méduse que Richet et Portier découvrirent l’anaphylaxie en 1901.

Pelagia noctiluca

Pelagia noctiluca est une petite méduse commune en Méditerranée qui occasionne tous les étés de nombreuses brûlures aux plongeurs et aux nageurs.

Aurelia aurita, l’aurélie est une petite méduse commune de l’Atlantique. Elle porte le dessin d’un trèfle à quatre feuille sur son ombrelle.

Cyanea lamarcki

Cyanea lamarkii : la cyanée bleue vit dans l’Atlantique. Ses tentacules urticants provoquent des brûlures très désagréables.

Certaines méduses tropicales donnent des piqures redoutables et font partie de la famille des Cubozoaires.

 

 


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    <b>tortue 55x60 </b> <br />

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