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ECOVOLONTARIAT A OUALIDIA AU MAROC

ECOVOLONTARIAT A OUALIDIA AU MAROC

ECOVOLONTARIAT A OUALIDIA AU MAROC dans ECOVOLONTARIAT A OUALIDIA ns-oualidia-4-61

L’écovolontariat est une manière utile de voyager et de participer à la protection de la planète. Ce peut être aider à compter les animaux d’une réserve, observer le comportements des oiseaux migrateurs,  ramasser les déchets sur les plages ou en plongée sous-marine, assister des chercheurs dans leur étude sur l’écologie,(récifs coralliens …). Plusieurs ONG  organisent des voyages d’écovolontaires. J’y ai participé.

Je pense que plus le monde évolue, plus nous avons besoin de nous investir et de nous mobiliser pour sa sauvergarde, espèces menacées, pollution, déchets ou actions humanitaires. Il est donc de mon devoir d’informer les personnes autour de moi de la nécessité d’agir.

Les ONG qui organisaient ce projet au Maroc étaient Planète Urgence, créée en 2000, reconnue association d’intérêt général depuis 2009, dont l’objectif est de lutter contre la destruction de la Planète, de lutter contre les inégalités entre le Nord et le Sud, de renforcer l’autonomie des  populations et la protection de leur environnement et l’association ABC, antenne régionale de Planète Urgence et spécialisée sur des missions en Méditerranée et son pourtour.

Le choix de Oualidia ne s’est pas fait au hasard : cette cité balnéaire située à 200 km au sud de Casablanca possède une grande richesse  écologique : sa lagune. Les eaux de ruissellement qui s’y déversent, liées à la nature calcaire du terrain, créent une grande lagune qui se jette ensuite dans la mer. Des milliers d’oiseaux, migrateurs ou non, y nichent et s’y reproduisent.

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La lagune de Oualidia est inscrte dans la convention RAMSAR. Cette Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) est un traité intergouvernemental qui incarne les engagements de ses États membres à maintenir les caractéristiques écologiques de leurs zones humides d’importance internationale et à planifier « l’utilisation rationnelle » ou utilisation durable de toutes les zones humides se trouvant sur leur territoire. 

Cette mission s’est déroulée en partenariat avec des associations locales de protection de l’environnement et avec le GECEM (Groupe d’Etude des Cétacés de Méditerranée). Cette mission au Maroc, à Oualidia avait comme objectif d’étudier les indices concordant sur le bouleversement climatique lié à l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère.

Le projet était d’étudier sur une période de 5 ans, les modifications de comportement des oiseaux migrateurs et sédentaires.

La lagune de Oualidia fait partie des grandes zones humides d’Afrique de l’Ouest « les oiseaux migrateurs sont les premiers indicateurs d’impact des changements climatiques». Notre ambition était aussi de pouvoir participer au classement de la lagune en Parc national.

 

Dans cette lagune, des dangers existent. Ils sont encore et toujours liés à l’homme : le tourisme, avec les déchets sur les plages, les constructions anarchiques qui empiètent sur les zones humides, les quads, amuse-touristes bruyants et polluants dont les terrains de jeux empiètent aussi sur les marais, enfin, l’agriculture qui utilise à tort et à travers engrais et pesticides, imprégnant le sol des terres qui jouxtent la lagune et la pollue, contaminant ainsi la chaîne alimentaire au bout de laquelle il y a toujours…l’homme.

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Cette mission s’est déroulée en trois étapes: identification et comptage des oiseaux, identification et comptage des cétacés en mer, nettoyage et identification des macro-déchets de certaines plages de Oualidia, ces trois phases étant réparties sur les 9 jours de la mission.

Déroulement de la mission

1er jour :

Arrivée à l’aéroport de Casablanca. A l’extérieur de l’aéroport, je retrouve Gérard Schmitt, photographe animalier professionnel qui nous accompagne. Quatre autres volontaires sont déjà  arrivés dans la matinée. La température est très douce, 24°C environ (il faisait 7°C en partant de Paris ce matin). Nous sommes donc huit avec le photographe. Nous prenons une vielle camionnette de l’association ABC pour aller jusqu’à Oualidia, environ deux heures et demi de route vers le sud, au départ par l’autoroute puis par la route un peu cahotante où il faut prendre en compte les nombreux ânes et piétons du bord de route.

2ème jour :

Briefing : les organisateurs nous expliquent les différentes missions environnementales de l’association ABC autour de la Méditerranée. Le temps est beau et il n’y a pas ou peu de vent.  Nous allons ensuite prendre notre leçon de kayak dans la lagune. Nous disposons de 4 kayaks biplace pour 8; ça tombe bien…Aucun de problème pour manier le kayak. L’ après-midi, première ballade en kayak. La traversée est courte et nous échouons les kayaks sur un banc de sable et allons observer les oiseaux, goélands bruns, mouettes rieuses, chevaliers gambettes, barges à queue noire, goélands d’Audouin, bécasseaux sanderling … pour les identifier, les difficultés commencent…

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Pied à terre, nous traversons la dune et arrivons côté mer. Des dizaines de fous de bassans volent vers le sud le long de la côte. Un comptage approximatif nous mène à …plusieurs dizaines de milliers d’individus.

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6h30 du matin, le jour est à peine levé mais nous si…Nous partons à pied du côté des marais, partiellement comblés par les nouvelles constructions, les décharges sauvages, les terrains de quad…Ce n’est pas brillant. En poursuivant plus loin, les marais encore sauvages accueillent des échasses blanches, tournepierres, aigrettes garzettes , bécasseaux variables…Et nous observons même un hibou des marais.

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Nous voyons aussi d’autres oiseaux plus petits ou plus proches de la ville, étourneaux unicolores, bulbul des jardins…Petit déjeuner vers 9H puis deux groupes sont organisés compte tenu de la place sur le zodiac: un groupe de 4 personnes avec notre photographe et le skipper part en mer identifier et compter les cétacés et les oiseaux de mer, l’autre de 3 personnes ramasse les macro-déchets d’une plage identifiée. La prochaine fois, les groupes seront inversés.

ns-oualidia-5-013-300x125 Oualidia

Je suis dans le groupe qui sort en mer. Le temps est calme et de faibles vagues de houle subsistent. Nous passons la barre de vagues à la sortie de la lagune sans difficultés, ce qui serait impossible avec beaucoup de houle. Nous sommes à la recherche d’une barque de pêcheur afin de lui remettre un nouveau moteur, le sien étant en panne. Après avoir croisé plusieurs barques de pêcheur, nous trouvons le bateau en question. Heureux, il remet à notre skipper quatre belles araignées de mer.

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Nous aurons le plaisir de les déguster le soir. Délicieux… Nous observons encore de nombreux fous de bassan qui volent en direction du sud. Certains font une halte en mer pour se reposer. Celui-ci est un jeune.

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Nous nous approchons de l’un d’eux, adulte, ce qui nous permet de l’observer de près et de le photographier.

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Heureusement que Gérard est là pour son expertise des oiseaux car qui d’entre nous connaissait les phalaropes, puffins fuligineux …

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Côté cétacés, rien en vue, pas de souffle, pas de saut de dauphin… Nous rentrons dans l’après-midi après avoir pique-niqué sur le bateau. Après diner, nous sortons en ville profiter de la douceur du climat.

4ème jour

7H, nous nous dirigeons vers la plage du côté des barques de pêcheurs. Certains ravaudent leurs filets. Nous allons voir la zone que nous devons nettoyer. Nombreux oiseaux de mer…Grands gravelots, tournepierres à collier, goélands bruns…

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L’après midi s’annonce pluvieux et nous partons en 4×4 vers le fond de la lagune où se trouvent les marais salants. Nous parcourons le chemin « nichés » dans le 4×4 car il pleut beaucoup. En fin d’après midi,le vent se lève.

5ème jour:

Le vent persiste (force 5) et la barre à la sortie de la lagune rend une sortie en mer impossible. Le matin, il ne pleut pas et nous allons vers la plage. Nous observons, identifions et comptons de nombreux oiseaux qui sont systématiquement notés par un membre du groupe qui assure le secrétariat.

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Après déjeuner, nous nous rendons dans la lagune de Sidi Moussa au Nord de Oualidia. C’est une lagune fermée avec de nombreux joncs. Le vent monte force 7 et les oiseaux se protègent, immobiles. Les échasses se maintiennent à l’abri derrière des avancées de terre.  Nous observons des busards des roseaux, une bécassine et un grèbe castagneux. Malgré le temps, l’ambiance en voiture reste très bonne. La traversée avec le 4×4 coté mer nous permet d’admirer les vagues dans la tempête.

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6ème jour:

7H, temps très gris, forte houle. Un groupe part en direction de la plage plutôt pour la ballade, l’autre part en direction des marais. Après le petit déjeuner, trop de vent pour une sortie en kayak, nous repartons en 4×4 vers le fond de la lagune de Oualidia observer les flamands roses. Une observation d’un point qui domine la lagune nous permet d’apercevoir des spatules blanches, canards souchets, avocettes et flamands roses. Nous traversons à pied les marais salants par une petite route très praticable par temps sec mais après les fortes pluies des jours passés, c’est une route boueuse et glissante où passent les ânes, les moutons et nous… mais nous sommes tous restés debout.

 

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Nous allons au delà des dunes du coté de la mer. Les fous croisent toujours vers le sud mais ils sont nettement moins nombreux.

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7ème jour :

Le temps s’est nettement amélioré et le soleil est là mais il y a encore trop de vent pour effectuer une sortie en mer.

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Nous partons en 4×4 en bordure de la lagune de Oualidia. Nous comptons et observons spatules, aigrettes, hérons, chevaliers gambettes, gravelots, hérons garde bœufs…

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Nous observons ces derniers faire leur festin de crapauds. Les batraciens sont transpercés par le bec pointu tel un poignard, remis à l’eau et encore transpercés…puis avalés.

Après le petit déjeuner, nous allons retirer les macro-déchets d’une grande plage devant Oualidia. Chacun porte des gants en caoutchouc (gants fins achetés localement), un sac à oursins ajouré qui laisse passer l’eau et le sable. Nous nous répartissons sur toute la largeur de la plage, de la dune aux laisses de mer, soit environ 40 à 50 mètres. Nous avançons et ramassons tous les déchets rejetés par les humains que nous trouvons face à nous: plastiques, résidus de filets de pêche, bouchons, canettes, mégots, bâtons de sucettes…

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Nous sillonnons ainsi 500 mètres de plage. Certains enfants nous aident, certaines femmes aussi. Lorsque notre sac est plein, nous le déversons dans un grand sac poubelle. C’est un peu usant pour le dos et il ne faut pas que la distance soit trop longue pour ne pas perdre courage. Finalement, c’est une fierté de voir derrière nous une plage si propre.

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Nous avons aussi la satisfaction d’observer un papillon, le plus grand des papillons de nuit d’Europe, un sphinx tête de mort. Il est vivant mais reste immobile par ce grand vent.

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Après avoir emmené tous les sacs près de containers en ville, nous les vidons sur le trottoir afin de trier et d’évaluer les proportions de macro-déchets.

Résultats : 50% de gros plastiques, 30% de plastiques déchirés, les plus longs à ramasser, 15% de filets et résidus de filoche dus à l’emplacement de la plage choisie près des barques de pêcheurs, 2.5% de bois et papier, 2.5% de verre et métal. Nous remettons tous ces déchets dans les sacs poubelles puis dans les containers les plus proches. Satisfaction du devoir accompli !

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Après déjeuner, nous repartons en 4×4 dans une lagune observer les oiseaux sous le soleil.

La végétation à jonc prône dans cette lagune fermée. Nous comptons canards souchets, canards pillets, colverts et échasses blanches. Les arbres morts ensablés puis taillés rendent le paysage étrange. Dans la dune, nous voyons de nombreux cochevis huppés, une couleuvre vipérine, des chenilles du sphinx de l’euphorbe.

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Nous préparons la journée en kayak. Il faut s’organiser car après quatre heures en ramant avec le vent, tout le monde sera-t-il capable de ramer encore deux heures contre le vent? Nous allons voir si le 4×4 peut éventuellement ramener deux kayaks au retour…C’est faisable.

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Nous partons, maillot de bain, T shirt, pique-nique, jumelles, coupe-vent et crème solaire. Quatre groupes sont constitués avec chacun un groupe d’oiseaux à observer, pour les échassiers, le groupe des « échasses d’O », pour les goélands, le groupe des « gogols railleurs », pour les bécasseaux, les « bécassautilleurs », pour les canards, les « canards boiteux ». Tout cela n’est pas si simple car il faut ramer, se diriger, observer, compter, noter… Il fait très doux, nous sommes vent arrière. Nous atteignons le fond de la lagune après quatre heures et une pause pique-nique.

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Nous constatons que les oiseaux observés du kayak sont en proportion très différentes que ceux vus des rives de la lagunes. Nous observons une majorité de barges et de courlis.

Au bout de la lagune, nous allons sur la terre ferme. Les flamands roses sont-ils juste de l’autre côté de la digue ? Non, ils se sont éloignés. Nous rentrons contre le vent, à l’étale de marée haute. Il y a du clapot mais nous avons tous l’énergie d’arriver juste avant la nuit à bon port. Pour notre groupe, les bécasseaux, notre dénombrement est de 800 oiseaux pour cette sortie.

9ème jour:

Le matin, nous allons dans la lagune de Oualida profiter du soleil pour observer une dernière fois les oiseaux. Nous allons ensuite visiter les souks de Oualida.

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Certains en profitent pour faire des emplettes. A midi, nous mangeons sur la plage des langoustes, couteaux (cuits) et oursins (crus). Nous nous régalons. Une dernière sortie dans la lagune pour les uns et piscine pour d’autres. Gérard fait ensuite le débriefing. 

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Retour en France.

L’accompagnement par Gérard Schmitt était un atout indispensable et d’une grande efficacité pour l’identification, la logistique et le comptage des oiseaux. Pouvoir observer les oiseaux des marais et oiseaux de mer était un vrai plaisir et Gérard, passionné de chez passionné, nous apprenait beaucoup.

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En ce qui concerne le nettoyage des plages, quelques personnes ont été sensibilisées à notre action, femmes et enfants.

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L’objectif « Parc national » nous a paru bien lointain compte tenu de l’état des plages et d’une certaine « insensibilité » locale, des constructions touristiques anarchiques, de l’engouement pour les jeunes des quads et de l’agriculture intensive qui s’amplifie…Cependant, l’espoir est fondé sur la prise de conscience des jeunes populations en faisant rentrer la protection de la nature dans l’éducation. Dans cet objectif, une exposition des photos de Gérard Schmitt a été organisée dans les écoles de Oualidia.  

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    <b>tortue 55x60 </b> <br />

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