Archives pour la catégorie PLONGEES EN POLYNESIE

PLONGEES A RANGIROA, POLYNESIE 1985

PLONGEES A RANGIROA, POLYNESIE 1985

En 1985, le Raie Manta club de Yves Lefebvre venait tout juste de s’installer sur le bord de la plage, sur l’île de Rangiroa, côté lagon à l’entrée d’ Avatoru, petite ville située à côté de la passe du même nom. Nous logions dans des tentes et le matériel de plongée était à l’extérieur, abrité aussi par une toile de tente.

Plage d'Avatoru près du Raie Manta club

Je suis arrivée à Rangiroa estropiée, pincée par un crabe sur le récif à découvert alors que je ramassais des coquillages. Cela m’a valu 9 points de sutures…

Moi et la main pincée par un crabe

Les plongées se pratiquaient dans la passe d’Avatoru ou bien dans la passe de Tiputa. Il y avait peu de plongeurs au mois de septembre.

Passe d'Avatoru

Les poissons napoléons étaient énormes et nonchalants.

Gros poisson Napoléon

Yves pratiquait le shark feeding. Les requins gris de récifs affluaient et en demandaient encore alors que la distribution était terminée. Dommage… car les requins complètement excités voulaient goûter à tout ce qui se présentait, du plongeur, par exemple…

Requin gris de récif Rangiroa

L’un d’eux venant vers moi n’a pu sentir que ma palme que j’ai dirigé vers lui. Ainsi, ne touchant pas mon corps, il sentait bien que « ça ne se mangeait pas ». Nous sommes remontés dos à dos alors que le zodiac nous attendait en surface. Heureusement, je n’ai plus effectué d’autres plongées dans ce genre.

Plongée en 1985

On était quand même drôlement harnachés à cette époque !

Une autre plongée me reste mémorable. C’est celle dans la passe de Tiputa. C’était ma première plongée dérivante, et comme d’habitude, j’avais pris mon appareil photo. Mais, avec la vitesse du courant dans la passe, pas question de prendre des photos! Pas question non plus d’essayer de se rattraper à un morceau de corail…

Coraux à la sortie de la passe d'Avatoru 

A la vitesse « grand V », le paysage défilait devant moi. J’apercevais dans une grande crevasse où des requins corail qui tournaient. Les poissons, heureusement pour eux étaient beaucoup moins sensibles que moi au courant, y faisant face avec beaucoup de facilité.

Requin corail au repos 

Requin corail au repos

Cela a duré un quart d’heure qui paraissait très long? J’étais seule et je ne savais pas où j’allais arriver. De toutes façons, ce serait dans le lagon.

Passe de Tiputa

Puis soudain, le courant a diminué et j’ai palmé vers le bord. J’étais de l’autre côté de la passe, sur une petite île. Le zodiac est venu me chercher. Ouf !

Raie Manta dans la passe d'Avatoru

Raie manta dans la passe d’Avatoru

Je ne résiste pas à vous montrer des photos de cet endroit merveilleux qu’est le lagon bleu. En 1985, les touristes étaient très exceptionnels…

Lagon bleu Rangiroa

Lagon bleu Rangiroa

PLONGEE A MOOREA, 2009

PLONGEE A MOOREA, 2009

Décembre 2009, la saison n’est pas idéale pour aller en Polynésie mais c’est l’occasion que se présente. Je prends le petit avion qui m’emmène vers Moorea.

Il fait très beau et chaud. Je vais plonger au club « Top dive Moorea » très accueillant. La plongée se fait après la passe, à la sortie de la très belle baie d’Opohunohu, juste derrière la barrière de corail où les vagues brisent avec un grand vacarme.

Baie d'Opohunohu, Moorea

Peu de touristes en cette saison car c’est la saison des pluies, de plus, la conjoncture économique ne se prête pas au tourisme lointain près des hôtels hauts de gamme de Moorea.

Quatre plongeurs tout au plus sur le bateau. L’eau est calme avec quelques longues vagues de houle. Bascules arrière, et c’est…  le monde du silence. Enfin, si vous prêtez bien l’oreille, vous entendrez les poissons perroquets grignoter les coraux, croc, croc…

Poisson perroquet  Moorea 

Poisson perroquet

Descente le long de la chaîne d’ancre. Déjà plusieurs requins pointes noires nous attendent , attiré par la curiosité et la recherche d’un éventuel shark feeding.

Requin pointe noire Moorea 2009 

Requin pointe noire

Lien sur Marquage des requins à Moorea

Il y a de nombreux poissons sur le récifs et tout d’abord, de petits curieux, des lutjans qui nous suivront pendant toute la plongée.

 lutjan Moorea

C’est aussi le cas de beaux poissons papillons jaunes, probablement des nettoyeurs pour de gros animaux marins qui offrent leur service.

poisson papillon Moorea 

Chaetodon lunula

De temps en temps, un rémora aimerait se coller à nous, à l’aide de la ventouse qu’il a sur la tête, pour se faire transporter gratuitement mais le va et vient de nos jambes palmées l’empêche de se fixer et… de toutes façons… C’est bien moins confortable que le ventre d’un requin !

Rémora Moorea 

Rémora

Le récif de corail est mort. Cela a commencé en 2004, alors que les Acanthaster ont envahis le récif et mangé les coraux. Dépouillés des parties vivantes, les polypes et de leurs chères algues symbiotiques, les zooxanthelles, les coraux ont laissé des squelettes sur lesquels les algues rouges et vertes sont venues s’implanter.

Carangue, Moorea 2009 

Carangue

Il reste quelques massifs de Porites et de Pollicipora ça et là et autant d’Acanthaster en quête de quelques restes coralliens éparses.

Blanchissement du corail 

Pollicipora en cours de blanchissement

Je ne peux m’empêcher de me demander ce que deviendront tous ces poissons si tous les coraux meurent car, naturellement, leur vie est étroitement imbriquée à celle du récif.

Massif de Porites Moorea 2009

 Massif de Porites

C’est le cas des poissons papillons dont le long museau leur permet de se nourrir de polypes.

 Poisson pincette Moorea 

Poisson pincette

C’est aussi le cas des poissons perroquets qui ingèrent les polypes ainsi que le squelette du corail dur et l’excrètent sous forme de sable. A les voir faire lorsqu’ils crottent, on dirait des avions qui larguent des bombes.

Ce qui est rassurant, c’est que j’ai croisé pendant une plongée une belle coquille de triton vivant (Charonia tritonis).

Triton Charonia tritonis Moorea 2009 

Charonia tritonis

Cette coquille tant appréciée pour sa beauté rend cet animal rare. Pourtant, c’est le principal prédateur de l’Acanthaster.

Acanthaster 

Acanthaster

Un autre coquillage, plus fréquent celui-là, c’est la troque ou Troca.  Sa grosse coquille épaisse sert à fabriquer des bijoux en nacre.

Troque Moorea 

Troque

Il y a de nombreux balistes, bleus, verts, ou le gros baliste titan dont les gros yeux tournent à la manière de ceux d’un caméléon.

Baliste bleu Mooréa 2009

 Baliste bleu

Baliste Moorea 

Baliste sp

Les tortues sont nombreuses à Moorea et sont présentes à chaque plongée. Elles ne paraissent pas effrayées par le plongeur, très occupées à se procurer leur nourriture dans le récif.

tortue Moorea

Tortue Moorea

Les requins pointes noires croisent et recroisent devant nous .  Oui, on vous a vu !

Requin pointe noire Requin pointe noire

Sous les plateformes d’Acropora morts, de nombreux poissons se cachent , en particulier, les poissons gros yeux, de couleur rouge, qui sont habitués à l’obscurité et dont la couleur ne se voit pas sous ces surplombs, ici, c’est l’éclairage du flash.

 Poisson gros yeux Myripristis sp 

Myripristis sp

Poisson gros yeux

C’est aussi le cas de quelques rascasses volantes qui se reposent pendant la journée et qui partent en chasse la nuit.

Pterois Moorea 

Pterois sp

D’autres poissons, comme le poisson épervier, vivent la plupart du temps posés sur les coraux. Très reposant, n’est ce pas ?

Poisson épervier Moorea 2009

 Poisson épervier

Certains ont pris le parti de se montrer par une couleur très voyante, le jaune. C’est le cas du poisson trompette de forme très allongée et qui n’hésite pas à se mettre en position verticale, dès fois qu’on le prenne pour une branche de corail…

Poisson trompette Moorea 2009 

Poisson trompette

Les poissons chirurgiens sont communs à Moorea et il y en a plusieurs espèces. Les nasons sont des chirurgiens qui se retrouvent fréquemment en banc.

Sous les tables d’Acropora, ils sont stationnaires en train de se faire nettoyer par quelques petits poissons bleu fluo. Je crois que je n’ai jamais vu autant de stations de nettoyage que sur le récif de Moorea.

Poisson chirurgien Moorea 2009 

Nason noir

D’autres poissons chirurgiens sont plus fuyant devant le plongeur. C’est le cas du beau Nason à éperons oranges (Naso lituratus) Les pointes de couleur orange à proximité de la queue sont des couteaux coupant comme des lames de scalpel, d’où son nom de poisson chirurgien.

Poisson chirurgien 

Naso lituratus

Les mérous tachetés sont aussi nombreux.

Ils se poussent à peine au passage du plongeur.

Mérou Mooréa 2009 

Mérou

Merou et mimétisme Moorea 

Mérou

Mérou Moorea 

Mérou

Les plongées sur Moorea sont terminées. Elles étaient riches en couleurs, en espèces de poissons coralliens et en requins.

Par contre, une très grande proportion du récif est mort. Il faudra environ vingt ans pour qu’il se régénère, si toutes les conditions physiques, chimiques et climatiques lui sont favorables. 

VIDEO REQUINS POINTES NOIRES A MOOREA

MARQUAGE DES REQUINS A MOOREA

 MARQUAGE DES REQUINS A MOOREA

 

Nous sommes à Moorea, en Polynésie française. Avec la France, il y a onze heures de décalage horaire. C’est le mois de janvier et la température de l’air est de 35°C avec 80% d’humidité, plutôt étouffant. Celle de l’eau est de 29°C, très agréable. Johann, étudiant en biologie marine travaille sur les requins. L’un de ses objectifs est de marquer les requins pointes noires et les requins citrons avec un émetteur afin de connaitre leurs déplacements autour de l’île.

 Requin citron récif de Moorea Requin citron

Des récepteurs,  situés autour de l’île de Mooréa enregistrent leurs déplacements. Comme les requins font de nombreux allers retours, cette analyse n’est pas simple.

Etude des requins pointe noire Moorea

L’autre objectif est d’effectuer des prélèvements génétiques sur les requins pointes noires afin de savoir s’ils appartiennent à une seule et même lignée et si les petits migrent à un autre bout de l’île lorsqu’ils deviennent adultes.

Il y a plusieurs procédés pour pêcher les requins:

Ils peuvent être pêchés du bord, ceci pour les petits requins qui s’approchent près de l’île. Ils peuvent être pêchés en bateau pour les plus gros. Enfin, la pose  d’émetteur peut se faire directement dans l’eau en plongée mais cela, c’est affaire de gens expérimentés. certains apnéistes parviennent à le faire.

Nous partons ce soir pour une petite plage sur la côte nord de Moorea pour la pêche au requin du bord. Il y a un faible courant. Dans 50 centimètres d’eau, Johann mouille le filet, large de 5 mètres environ. Il retiendra les requins lors de leur passage.

 Marquage des requins pointes noires Moorea

L’ appât est mis à l’eau au milieu du filet du côté du courant de sorte que l’odeur dégagée se répand de l’autre côté du filet. En remontant le courant, les requins rencontreront le filet avant l’appât. Cet appât est constitué de poissons morts dans un sac en grillage métallique.

L’attente commence. La première demi-heure, rien ne se passe . Par contre sous l’eau, l’odeur se répand par diffusion.  Le soleil s’est couché et le ciel commence à se parer de milliers d’étoiles. Quelques étoiles filantes, fugaces, vite, un vœux! Johann observe la moindre ride à surface de l’eau, guettant l’approche des requins.

Ça y est, quelques vaguelettes reflètent une présence. Un petit requin est venu se coincer dans le filet. Johann le saisi par la queue et le détache.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Sur le bord de l’eau, il va le mesurer puis faire un petit prélèvement à la base de la deuxième nageoire dorsale.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Une analyse génétique traduira l’éventuelle parenté des différents requins prélevés. 

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Le petit requin de 50 centimètres est remis à l’eau et repart après quelques minutes passées sur l’autre monde, la terre.

Marquage des requins pointes noires Moorea

La lune se lève. C’est la pleine lune et sous ce nouvel éclairage, les étoiles semblent disparaître. Reflets dans l’eau calme, petit bateau de pêche qui se mire sous la lune.

Le décor est majestueux sous le bruit des vagues qui brisent au loin sur le récif barrière.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Cette pêche, comme les autres d’ailleurs, demande beaucoup de patience.

Nous attendons encore mais personne en vue. Vers 21 heures, nous repartons après avoir levé le filet.

Le lendemain, nous allons pêcher en bateau sur la côte ouest de l’île. L’appât est toujours le même, des restes de poissons morts dans un panier en grillage métallique.

Etude des requins pointe noire Moorea 

Solide, il résiste aux éventuelles morsures de requins.

Nous mouillions l’ancre dans une dizaine de mètres d’eau. L’eau transparente laisse apparaître les différentes nuances de bleu du fond sur le récif de corail. Le temps que l’odeur diffuse dans l’eau nous avons le temps de nous mettre à l’eau pour faire un peu de PMT (palmes, masque, tuba).

De ce côté de l’île, le récif est plutôt « en bonne santé » et la plupart des coraux sont vivants, ce qui n’est pas le cas sur la côte nord ou la plupart des coraux sont morts, victimes des invasions d’Acanthaster, l’étoile de mer « dévoreuse de corail ».

Acanthaster 

Acanthaster

Une fois les coraux digérés par l’Acanthaster, « Taramea » en polynésien, les algues symbiotiques s’évadent, les coraux blanchissent et des algues filamenteuses vertes ou rouges envahissent la surface du squelette corallien de manière irréversible.

Nous sommes donc sur le bateau juste à l’extérieur du récif barrière. De longues vagues de houle soulèvent le bateau mais personne n’a le mal de mer, heureusement. Johann nous demande de remonter à bord car un requin s’approche de l’appât.

 Marquage des requins pointes noires

Il prend sa canne à pêche, une belle tête de poisson au bout de la ligne munie d’un gros hameçon, donne du fil. Le requin tourne puis un autre arrive. Nous pouvons les apercevoir dans la transparence de l’eau. Ils ne se jettent pas sur la tête de poisson d’office mais effectuent plutôt une approche lente afin d’inspecter cette nourriture inhabituelle qui ne transmet aucune vibration comme le ferait un poisson blessé, pour eux qui sont plutôt des chasseurs nocturnes.

Etude des requins pointe noire Moorea

Finalement, un des requins mord à l’hameçon. Il est gros, un peu plus d’un mètre et il faut le ramener doucement mais fermement.

Etude des requins pointe noire Moorea 

Johann, accroché à sa canne à pêche rembobine lentement mais sûrement le fil. Le requin nage activement et essaye de s’éloigner du bateau. Il faut avoir beaucoup de force pour garder la canne entre les mains sans qu’elle n’échappe ou ne glisse. Le requin est de plus en plus proche du bateau mais tout n’est pas joué. Il faut maintenant le hisser à bord.

Prendre un requin dans l’eau pour le hisser dans le bateau est difficile car le requin se débat. Celui-ci n’est pas trop gros et Johann le prend par la nageoire dorsale d’une main, par la queue de l’autre et le hisse sur le bateau.

Etude des requins pointe noire Moorea

Un petit prélèvement à la bas de la nageoire dorsale quelques mesures .

Deux photos pour l’identification et le requin est remis à l’eau.

Etude des requins pointe noire Moorea

Quelques temps après, un plus grand requin mord à l’hameçon. Même approche lente pendant que Johann rembobine le fil de la canne à pêche. Il faut maintenant le hisser à bord. Johann le prend d’une main par la queue, de l’autre par la nageoire dorsale mais l’animal se débat, il est lourd. Johann lâche. Il a préparé un nœud coulant et essaye de l’accrocher à la queue du requin.

 Etude des requins pointe noire Moorea

Ce n’est pas si facile car le requin lui échappe encore. Enfin, il parvient à lui passer le nœud coulant. Il faut maintenant le soulever pour passer sur le bateau.

Marquage des requins pointes noires Moorea

C’est une femelle. Une fois sur le bateau, elle est immobilisée, l’un des équipiers la maintient par la main fermement appuyée sur sa tête.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Johann fait ses mesures, le prélèvement génétique. Il va ensuite placer un récepteur sur le requin.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Il perce deux trous dans la nageoire dorsale à l’aide d’un tournevis. Pas de réaction de l’animal qui ne doit rien sentir sur sa nageoire cartilagineuse. L’émetteur est solidement fixé.

Marquage des requins pointes noires Moorea 

Cependant, il ne restera pas plus d’un an en moyenne car les frottements de l’eau ou la tentative du requin de se débarrasser de ce chargement inutile (pour lui) font que l’émetteur disparaît au bout d’un an environ. Plusieurs requins sont ainsi marqués autour de Mooréa et Johann inspecte régulièrement les récepteurs afin de recueillir les précieuses données.

Quelques photos des nageoires pour l’identification puis c’est la remise à l’eau.

Marquage des requins pointes noires Moorea

Johann maintient le requin par la nageoire dorsale afin qu’il retrouve ses esprits et qu’il ne coule pas directement. Ça y est, le requin nage et lâché, il repart tranquillement dans son monde sous-marin. 

Etude des requins pointe noire Moorea


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