LES CONES VENIMEUX

LES CONES VENIMEUX

Les cônes sont des gastéropodes qui possèdent de belles coquilles dont les collectionneurs sont friands. Cependant, ces coquillages vivants se nourrissent en tuant leurs proies à l’aide d’une arme redoutable, un harpon dont la flèche est remplie d’un venin très puissant.

Selon leur mode de nutrition, les cônes sont plus ou moins dangereux pour l’homme.

Conus miles Nosy Bé copie

Cône soldat (Conus miles) 

La nutrition des cônes

Les cônes sont classés selon trois catégorie : les vermivores, les piscivores et les malacophages.

Les cônes vermivores se nourrissent de vers annélides polychètes (vers pourvus de soies). Ils ont besoin de peu de venin pour tuer leur proie qui sont relativement petites. Ils possèdent une ouverture étroite. Ils constituent 65 % des espèces de cônes. On y trouve Conus betulinus, Conus imperialis, Conus lividus, Conus striatellus

Les cônes piscivores se nourrissent de poissons. Ces poissons, très mobiles par rapport aux cônes peu mobiles et posés sur le fond ont donc besoin d’être immobilisés rapidement. Le venin des cônes piscivores est donc rapide et puissant. On y trouve des cônes dangereux pour l’homme et certains ont une piqûre mortelle. L’ouverture de la coquille est élargie, permettant aux poissons partiellement digérés de rentrer par cette ouverture.Ils constituent 20 % des cônes. Conus geographus (espèce mortelle), Conus consors, Conus magus, Conus ermineus

Conus geographus Nosy Bé copie

  Cône géographe (Conus geographus) un cône piscivore

Les cônes malacophages se nourrissent de mollusques y compris de cônes. Et oui, des cônes peuvent se dévorer entre eux. On y trouve aussi des cônes dangereux et mortels. Conus textile (espèce mortelle), Conus gloriamaris, Conus marmoreus

L’appareil venimeux

L’appareil venimeux des cônes se compose d’une glande volumineuse, la glande de Leiblin. Cette glande sert de pompe pour l’expulsion du venin fabriqué dans le conduit, canal glandulaire où s’élabore le venin et qui relie la glande à l’extrémité buccale. 

La radula est contenue dans une gaine à deux branches disposée en L avec dans chaque branche des dents mesurant entre 5 et 10 mm et se terminant à leur pointe par un harpon. Le cône engage une dent dans la trompe lorsqu’il chasse. Elle se projette en avant à une vitesse fulgurante et injecte le venin dans la proie. 

Conus miliaris Nosy Bé (10) copie

Conus miliaris

 

La composition des venins et les applications thérapeutiques 

Les venins de cônes sont composés de toxines, polypeptides, c’est-à-dire de longues chaines d’acides aminés. La séquence de ces acides aminés peut être déterminée par des laboratoires spécialisés. Les chercheurs ont déterminé des séquences communes d’acides aminés en relation avec la toxicité des venins. La structure spatiale de ces molécules est déterminée entre autre par des ponts disulfures entre les acides aminés soufrés comme la cystéine. Cette structure spatiale est très importante car elle détermine les possibilités des toxines d’entrer dans les cellules.

Les venins de cônes sont thermostables. La chaleur ne les détruit donc pas contrairement aux venins des méduses par exemple. Les toxines de cônes ou conotoxines agissent au niveau de la jonction neuromusculaire donc entre le nerf et le muscle. L’arrêt de la transmission nerveuse à se niveau se traduit par une paralysie. 

Conus ebraeus Nosy Bé copie

Conus ebraeus, uncône vermivore

Les conotoxines agissent aussi sur les cellules en bloquant certains canaux qui permettent les équilibres ioniques entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule. Les ions concernés sont le sodium, Na et le calcium, Ca.  Elles sont d’une grande diversité et représentent une source d’outils remarquables dans le domaine des neurosciences.Elles constituent ainsi des outils pharmacologiques particulièrement recherchés à la fois pour identifier et étudier certaines fonctions du système nerveux. 

De même, elles permettent de caractériser de nouveaux types de récepteurs ou de canaux ioniques. 

calque cone marmoreus

Cône marbré (Conus marmoreus)

Certaines de ces toxines font l’objet d’études pour des traitements analgésiques (soulagement de la douleur), d’épilepsies ou la récupération de nerfs endommagés.  Une fois que la séquence des acides aminés est connue, la toxine peut être synthétisée. De faibles variations d’acides aminés peuvent donner des effets thérapeutiques recherchés. 

Une des toxines de C. malus (ω conotoxine) a permis par exemple la synthèse du Prialt®, utilisé pour le traitement de douleurs intenses chroniques. Elle est 2000 fois plus active que la morphine et sans les effets de dépendance physique. 

Une des toxines de C. victoria (l’αlpha conotoxine) modifiée dans sa structure a permis la synthèse d’un médicament utilisé dans le traitement des douleurs neuropathiques 100 fois plus actif que la gabapentine. 

 

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