EXPEDITION AU SPITZBERG

EXPEDITION AU SPITZBERG

NS Paysages 2 Spitzberg

Nous arrivons à Longyearbyen, la capitale du Spitzberg.

Le Polaris nous attend dans le port pour une croisière polaire sur la côte ouest vers le sud du Spitzberg.

NS Sterne arctique et poisson

Sterne avec un poisson, Spitzberg

Nous passons quelques heures à Longyearbyen pour visiter le musée et observer nos premiers paysages arctiques le long de la route.

Eiders, bruants des neiges,  phalaropes, bernaches nonnettes semblent peu craintifs le long de la rivière qui longe la route. 

Nous embarquons sur le bateau  Polaris qui appareille rapidement. Le capitaine nous présente l’équipage et sa famille qui a embarqué pour l’occasion de cette première croisière de la saison.

ns Paysages Spitzberg

Les rayons du soleil filtrent de plus en plus entre les nuages… C’est bon signe.Le bateau sort du fjord et vogue vers une petite baie au nord. Nous sommes accompagnés par les fulmars boréals qui volent à côté du bateau.

C’est l’oiseau des tempêtes. Avec son envergure d’1,20 m, il rase les vagues. Il niche en haut des falaises qui surplombent la mer.

 Il est 21h30 et nous faisons notre première sortie en zodiac. Nous allons explorer le bord du glacier et nous approchons à 300 mètres. Soudain, un pan de mur de glace tombe dans la mer avec une puissante détonation. Une vague s’en suit rapidement atténuée par les nombreux glaçons qui flottent puis elle se brise sur les rochers. Vers 23h, nous rentrons, il fait beau et les couleurs au soleil de cette fin de journée sont très belles mais il faut bien aller se coucher alors que le soleil, lui, ne se couche pas.

 blog Polaris Hornsund Spitzberg

Le Polaris

J2 Le Polaris appareille vers 7 heures. Le temps est couvert, il fait 0°C. Nous naviguons vers le Bellsund, le prochain grand fjord au Sud. Samuel nous fait un briefing sur l’ours. Ici, c’est le seigneur des lieux.

C’est « le » grand prédateur. Lorsque l’on va à terre, il peut être partout. Pour cela, nos guides sont très vigilants et armés (c’est la règlementation). Samuel ira systématiquement surveiller les lieux où nous débarquerons.Nous jetons l’ancre à l’entrée du fjord et partons explorer la toundra.

NS Rennes tête

Quelques rennes paissent et finissent par nous approcher, curieux.

NS Rennes

Le renne du Svalbard est le plus petit des rennes. Sa fourrure est brun clair l’été et presque blanche en hiver. Les bois qui sont caducs poussent au printemps et tombent au début de l’hiver.

NS Renne dans la neige

Nous observons un bécasseau violet, affairé dans une petite mare. Nous montons dans les rochers et la mousse approcher les mergules, petits alcidés donc de la même famille que les pingouins. Ils sont ici fort nombreux.

Samuel et Agnès, nos guides nous font une conférence sur les zones polaires arctique et antarctique… Avant l’entrée du fjord du Hornsund, de nombreuses îles affleurent à la surface et un ours blanc est observé aux jumelles sur la côte.

Le Polaris jette l’ancre et nous partons en zodiac. L’ours n’est plus visible sur la côte. Il nage vers les îles et nous allons le suivre de loin pour ne pas l’effrayer. Sa traversée dure 1h30.

NS Ours polaire Spitzberg-11 (7)

Il y a du clapot ce qui rend les photos au téléobjectif difficiles. L’approche d’un animal sauvage est une affaire de patience… L’ours arrive sur une petite île, met pattes à terre puis poursuit sa route à la nage vers des îles plus éloignées mais plus grandes.

NS Ours polaire Spitzberg-6

Enfin, il monte vers la plus grande île et nous ne sommes pas loin. Nous pouvons l’observer sans crainte du zodiac.

NS Ours polaire Spitzberg-8

Il va fait son déjeuner d’omelette avec les œufs des oies bernaches nonettes qui sont forts mécontentes mais qui n’y peuvent rien.

NS Ours polaireSpitzberg-13

Nous sommes au mois de juin et les oies auront le temps de faire une autre couvée en juillet.

NS Ours polaire Spitzberg-11 (8)

Tout n’est pas perdu…L’ours a nagé près de 4 km.

NS Ours polaire  Spitzberg-11

Il arpente les îles méthodiquement à la recherche des nids…

 NS Ours polaire Spitzberg-11 (5)

J3 Nous quittons le Bellsund et naviguons vers le Hornsund où nous allons rester 3 jours et inspecter ce grand fjord où se jettent de nombreux glaciers. Le soleil fait son apparition et tout se dégage. Le paysage est grandiose. La vue est superbe.

J4 Ce matin, il est 6h et comme je n’arrivais pas à dormir, je me lève. Bien habillée avec les quatre couches de chemises et de pulls plus ma veste de ski, collants chauds et pantalon de ski, bonnet et gants, je vais sur le pont. Pas une ride sur la mer.

Les sternes arctiques volent au dessus du bateau et plongent pour pêcher du poisson. La sterne arctique est la championne des espèces migratoires pour la distance parcourue. 20000 km du nord, arctique au sud, antarctique,  mais en réalité 75000 km aller-retour car elle fait de nombreux détour.

ns Paysages Spitzberg-10

Elle mettra 90 jours à l’aller et 40 jours au retour, poussée par les vents dominant. Elle est aussi assez agressive et n’hésite pas à se défendre contre le labbe parasite qui essaye de lui attraper ses poissons en vol. Une scène de voltige s’en suit…

Avec les touristes, elle peut aussi arriver en piqué si on s’approche plus de son nid.

blog Sterne arctique Hornsund Spitzberg-13

Sternes arctiques dans le  Hornsund, Spitzberg

Un plouf léger, j’observe et je vois apparaitre le dos blanc d’un cétacé que je n’avais vu que dans les livres, le bélouga. Je cours réveiller les guides. Je remonte sur le pont, il y en a 6 puis 8 puis 12! Et moi qui croyais qu’il n’en existait plus!

Dans la matinée, vers 10h, ils repassent près du bateau et aussi dans la soirée, faisant une pause et nous permettant de les photographier tranquillement. Ils plongent sous la banquise après un signal comme un ronflement que nous entendons nettement.

Les bélugas possèdent comme tous les autres cétacés un sonar qui leur permet de se repérer ainsi que de retrouver un trou dans la glace pour respirer. Le melon permet de briser une partie de la glace de banquise. Ils se nourrissent de poissons et de crustacés.

Certains bélugas ont des traces de griffures sur leur dos, certainement des griffes d’ours  mais aussi des morsures d’autres bélougas lors de la saison des amours.

Un phoque annelé sombre nage dans la mer d’huile à proximité du bateau.

Au loin sur la banquise, nous apercevons un ours qui se promène à la recherche de phoques. De temps en temps, il lève la tête, le museau au vent pour flairer les phoques. Justement, il y en a un devant lui. L’ours par au galop mais encore assez loin du phoque qui l’a vu et qui disparait dans son trou dans la glace.

Le jeune ourson est blanc et l’ours adulte parait jaune. En fait, lorsqu’il nage, des diatomées, algues microscopiques, se collent à ses poils, ce qui lui donne cette apparence jaune clair.

Nous partons en zodiac explorer le fond de la baie. Nous apercevons un phoque barbu sur la plaque de banquise qui s’est détachée.

Nous partons vers la baie de Brepollen dans le Hornsund où se trouvent de nombreux icebergs.

Le pic de Bautaen nous domine de ses 487 m. Le sommet le plus élevé du Spitzberg culmine à 1429 m. Dns cette baie, de nombreux petits icebergs, les growlers flottent et le zodiac zigzague entre les glaçons.

Sur l’un d’entre eux, un phoque barbu se prélasse et nous approchons très lentement afin de ne pas l’effrayer. Il se laisse photographier.

 Cette journée a été chargée en découverte et nous avons parcouru 34 km en zodiac! Après une journée si riche en découverte, nos guides nous offrent le champagne.

 

J5 Il fait beau et le Horsund est resplendissant dans un manteau de neige intact.

Le Polaris est amarré sur la banquise et nous observons des races d’ours tout près du bateau. Il est venu pendant la nuit (rappel:il faisait jour) mais nous dormions. Nous apercevons au loin sur la banquise une mère ours et son petit. Nous partons en zodiac pour essayer de les approcher. La mère est craintive et ils s’éloignent vers l’intérieur. Nous restons sur le zodiac puis rentrons sur le Polaris.

 blog Guillemots à miroir Longyearbyen Spitzberg

Guillemot à miroir

Du Polaris, nous observons de nombreux oiseaux. Les guillemots, les mergules

L’après midi, nous posons le pied sur la terre ferme. Sur les vallées glaciaires et les terrasses peu élevées, la toundra se développe. C’est la végétation typique des régions polaires. Cette végétation rase est adaptée à l’environnement arctique. Le sol est pauvre et limite considérablement la croissance et la densité de la végétation. Par contre, sous les colonies d’oiseaux, l’apport d’engrais naturel riche en nitrates et phosphate favorise le développement d’une couche végétale luxuriante.

La saison propice à la végétation ne dure que 6 à 10 semaines, juste le temps pour que les plantes puissent pousser, fleurir et se reproduire.Ici, au pied de la falaise, les fleurs sont plus nombreuses et éclairent le sol de rose et de jaune. Saxifrages et renoncules sont les plantes les plus fréquentes sans compter les nombreuses espèces de mousses et de lichens.

Je me régale à photographier les nombreuses fleurs dont la hauteur totale ne dépasse pas 3 cm. Les vents souvent violents amènent les plantes à se développer horizontalement. On dirait ici qu’il n’y a pas d’arbre. Mais si! le saule arctique est très discret… il ne mesure que 2 à 3 cm de hauteur.

 

blog Renne Bellsund Spitzberg-5

Renne du Spitzberg

Ils sont petits et trapus. Très peu habitués aux touristes, ils nous regardent d’un air interrogatif…

Pas d’arbres, c’est pas de bois pour construire des cabanes alors d’où vient-il, ce bois des cabanes de trappeurs? C’est du bois flotté déposé sur la côte et qui provient des forêts sibériennes. Il est encore assez solide pour construire des cabanes.

J6 L’un de nous a repéré aux jumelles un ours qui vient de tuer un phoque sur la banquise.  Le Polaris appareille afin de s’en rapprocher. La coque rentre dans la banquise qui se fend jusqu’à ce qu’il s’arrête. L’ours poursuit son repas qui semble délicieux. Il attire aussi mouettes ivoire et goélands bourgmestres qui attendent sagement la fin du repas du seigneur des lieux.

Nous partons dans la matinée en zodiac explorer les abords d’un autre glacier de ce grand fjord. Le Polaris avance autour de growlers bleutés tous plus beaux les uns que les autres. Ils sont constitués de glace compacte issue du glacier. Vers le fond de la baie, une tache sombre. C’est un morse qui attend le temps qui passe… Le capitaine nous amène tout près avec le Polaris qui tourne autour de la plaque de glace. La manoeuvre est parfaite. Le morse nous regarde de temps en temps puis reprend sa sieste au soleil. Le morse, mammifère marin, fouille dans les fonds sablonneux pour pêcher des coquillages tels que les clams et les moules. Le mâle atteint 1500 kg. Les femelles possèdent aussi des défenses, plus petites que les mâles. La peau du morse est très épaisse, environ 10 cm et 15 cm de graisse. Il peut plonger jusqu’à 130 m de profondeur.

L’après midi nous allons marcher le glacier Hans à l’entrée du Hornsund.  Pour chaque sortie, nous mettons nos bottes en caoutchouc, étanches. On me prête un piolet. La glace ne glisse pas car elle commence à fondre en surface en ce début d’été.  La moraine qui se dégage de la fonte du glacier est pleine de cailloux variés en particulier de gneiss. Pas de fleurs ci dans cette zone chahutée par la rivière de fonte des glaces.

Nous atteignons le glacier et marchons avec nos bottes en caoutchouc sur le glacier. Comme il commence à fondre en surface, nos bottes s’enfoncent un peu et pas de glissade.  A la limite des séracs, nous admirons la vue sur le glacier et vers la mer.

Nous faisons demi-tour et rentrons au bateau. Le Polaris appareille vers le Bellsund où nous allons passer la nuit. 

 

J7 Nous sortons du Bellsund et repartons vers le nord. Le Polaris  jette l‘ancre près d’une cabane de trappeur sur un site que nos guides Agnès et Samuel tiennent à nous montrer, un « cimetière »de bélugas. Des amoncellements d’os de bélugas datant du siècle dernier jonchent le bord de mer ainsi qu’un os de baleine.

En Arctique, vers 1600, l’abondance de cétacés déclenche des campagnes de chasse à la baleine. Anglais puis hollandais et français puis danois et norvégien se lance dans la chasse des grands cétacés. A la fin du XVIIème siècle, les trappeurs russes s’installent.

Bélugas, rennes, morses, ours renards et phoques ont abondants et faciles à piéger.

J8 Nous voguons vers le Nord en direction de Longyearbyen.

Après le déjeuner, nous sortons dans la toundra entre mousses, lichens et fleurs. Quelques rennes se laissent observer et finissent pas passer près de nous.

NS Renard polaire Spitzberg

Samuel connait la tanière d’un renard et par cette saison, il devrait y avoir des renardeaux qui commencent à sortir. Nous nous dirigeons vers ce lieu situé en hauteur. Nous grimpons. Le renard est devant sa tanière.

blog Renard polaire 13  Bellsund Spitzberg

Renarde et son renardeau à la sortie de sa tanière, Bellsund, Spitzberg

Au début, je ne le vois pas. En fait, le mimétisme est parfait. Au fur et à mesure que nous approchons, il devient à portée de téléobjectif. Un petit sort de sa tanière.  Certainement, ils communiquent entre eux. La mère part ensuite chasser. Elle va vers des oies à bec court qui nidifient non loin de la tanière. Une des oies de dresse et siffle vers le renard qui change de direction. Il s’éloigne et fait un long chemin.

Nous le suivons avec les jumelles puis nous le perdons de vue. C’est l’heure de rentrer vers le Polaris. C’était notre dernière sortie.

Le bateau appareille. Nous arrivons le soir à Longyearbyen.

Cette croisière expédition dans l’arctique était très intense en émotion pour la beauté des paysages rencontrés, l’approche des animaux rendue possible grâce à la patience, l’attention, la connaissance des animaux et le professionnalisme d’Agnès et Samuel. Nous avons eu aussi beaucoup de chance d’avoir une mer calme, du soleil,des paysages bien dégagés et de nombreux animaux relativement faciles à observer.

Merci au capitaine et à l’équipage.

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