DJIBOUTI, GOLFE DE TADJOURA 2010

DJIBOUTI, GOLFE DE TADJOURA 2010

Début octobre 2010, je pars à Djibouti sur le ketch Deli, un beau bateau de 26 m de long et 7 m de large qui peut accueillir confortablement 12 plongeurs.

Nous ne sommes que 5 et la croisière ne devrait pas démarrer avec si peu de personnes. C’est au dernier moment que l’agence m’informe que la croisière aura bien lieu.

Djibouti, c’est un climat équatorial, aride et rude, des pierres volcaniques presque partout, le désert et puis la mer, mélange de Mer Rouge et d’Océan Indien, « coincé » dans un Golfe, le Golfe de Tadjoura. Au fond un détroit puis le Ghoubbet comme un grand lac qui communique avec la mer, entouré de falaises volcaniques grandioses.

Le Déli Golfe de Tadjoura Djibouti

Les formalités de douanes passées à l’aéroport, je rencontre les soldats français et les interroge sur la sécurité. Bien sûr, ils sont rassurant et me disent que dans le Golfe de Tadjoura, il n’y a aucun problème. Les « ennuis » sont beaucoup plus au large vers les côtes de la Somalie. Ai-je besoin d’être rassurée? Sûrement…

Sitôt arrivé sur le bateau, sitôt parti.  La température de l’air est de 30 à 35 °C et l’eau est à 32°C. Pour les plongées ce sera parfait ! Toutes les bouteilles sont à l’air et des 12 litres.

Les cabines sont spacieuses: une « chambre » avec deux lits superposés et une salle de bain avec toilette et douche. Mais il fait si chaud dans ma chambre que je dormirai sur le pont toutes les nuits. 

Nous sommes donc 5 plongeurs et 5 hommes d’équipage. Notre capitaine, Vicente nous explique notre trajet, la gestion de l’eau douce et la sécurité sur le bateau. La surface de la mer est lisse, pas un souffle de vent.

Nous apercevons plusieurs bancs de thons qui chassent, survolés par de nombreux oiseaux, mouettes et sternes. C’est un bon début, cela indique que les eaux sont très poissonneuses.

Un des homme d’équipage en profite pour lancer une ligne. En moins de cinq minutes, il pêche trois beaux thons. C’est sûr, nous aurons à manger !

Nous croisons plusieurs dauphins qui ne daignent pas venir nous voir. Il est déjà 18H et la nuit tombre vite. Le ketch est à l’ancre près du rivage. Le groupe électrogène se met en marche et de gros phares sont allumés sur tribord en direction de la surface. Un nuage de plancton se forme et des bancs de vivaneaux et de carangues viennent se rassasier. De temps en temps, un crabe nageur vient de nourrir à son tour par 15m de fond. Je n’avais encore jamais vu un crabe qui venait se nourrir à la surface en ramant très efficacement avec ses pattes arrières.

Première nuit à la belle étoile, mer très calme et grand silence.

Le soleil se lève vers 6H et nous plongeons vers 7H. Juste un thé ou un café avant la plongée, le petit déjeuner sera au retour. La première plongée est une réadaptation, 20m maxi 50 mn. Pour les autres plongées, la profondeur variera de 20 à 35m et de 50 à 60 mn.

Poisson clown Golfe de Tadjoura Djibouti

Les coraux sont exubérants, des murs compacts qui ne laissent pas de place entre eux. De grans massifs de Porites sur les pentes vertigineuses et grandes tables d’Acropora sur les zone plus horizontales. Ces murailles compactes sur les cinq premiers mètres se diversifient ensuite en allant plus profond.

Massifs d'Acropora Golfe de Tadjoura Djibouti

Nous remontons, prenons le petit déjeuner et hop! On repart en annexe pour la recherche des requins baleines. Pas de matériel de plongée, juste PMT. Dès le premier jour, un requin baleine en vue. Nous nous mettons à l’eau mais il ne reste pas longtemps dans cette eau épaisse en plancton, je ne fais que l’apercevoir.

Requin baleine Golfe de Tadjoura Djibouti

Retour sur notre beau bateau repas, petite heure de sieste et on se prépare pour la deuxième plongée !

Gatrain Golfe de Tadjoura Djibouti

Beaux coraux, de nombreux petits poissons s’y cachent. Beaux mérous, poissons papillons, poissons anges, raies à points bleus, poissons cochers perroquets et de nombreux bancs de poissons vivaneaux et de lutjans.

Banc de lutjans Golfe de Tadjoura Djibouti

Après ces deux plongées et ces deux heures à la recherche de requins baleines, on pourrait croire que la journée est suffisamment remplie … Il n’en est rien ! Petit goûter et on repart ! A la recherche des requins baleines, en annexe, deux heures de ballade le long de la côte. Cette fois-ci, nous n’en avons pas vu.  

Poisson ange Golfe de Tadjoura Djibouti

Les jeunes requins baleines qui ne mesurent « que » 4 à 6 mètres viennent se nourrir entre octobre et janvier dans ces eaux chaudes du Golfe de Tadjoura très riches en planton. Ces requins, les plus grands poissons du monde, sont inoffensifs autant que le sont les baleines.

Requin baleine Golfe de Tadjoura Djibouti

Le soir, les projecteurs attirent le plancton qui forme un épais nuage et oh surprise, un requin baleine vient se nourrir devant nous à la lueur des projecteurs. Il ouvre sa large gueule dans un bruit s’aspiration…Etrange, unique…

Requin baleine Golfe de Tadjoura Djibouti

Le jour suivant, nous naviguons en direction du Ghoubbet. La recherche des requins baleines est fructueuse. Nous faisons trois arrêts , trois mises à l’eau et les requins, un à chaque fois se laissent approcher sans problème.

Même si je m’y attendais, que je connaissais les photos dans les livres, la rencontre est émotionnelle devant ce géant, pourtant un jeune qui ne mesure que 5 à 6 mètres… Il ressemble à un grand monstre calme sorti de l’époque des dinosaures.

Il paraît nonchalant, immobile mais non, un léger coup de caudale et c’est pour nous de grand coups de palme pour nager à son allure ou encore pour le rattraper, l’avoir de face en photo… Il y a sous lui plusieurs jeunes rémoras qui se font promener pour pas cher et juste devant une petite carangue juvénile jaune rayée noire qui lui sert de « poisson pilote ». Elle a intérêt à nager vite sans se fatiguer sinon, elle pourrait bien finir comme le plancton dans la gueule de ce géant!

Rencontre inoubliable…

Pterois radiata Golfe de Tadjoura Djibouti

Ce soir, plongée de nuit sur le bord, 10m d’eau, 30 mn. C’est la troisième plongée bouteille de la journée. Couleurs vives sous les phares, nombreux oursins diadèmes qui se déplacent, poissons perroquets qui dorment sous le corail, comatules déployées. Nuit sur le pont bien méritée.

Corail Golfe de Tadjoura Djibouti

Notre emploi du temps pendant ces vacances correspond à un rythme soutenu de quatre sorties par jour et que nous tiendrons pendant cette semaine de croisière.

Au petit matin je suis sur le pont, toujours la première parmi les plongeurs pour voir le lever de soleil, les couleurs, le paysage… Nous passons le détroit de Ghoubbet

 Passage de Ghoubbet Golfe de Tadjoura Djibouti

et nous arrivons dans le Ghoubbet proprement dit ou en théorie il y a beaucoup de vent mais ce matin la mer est encore un miroir.

Transparence dans le Ghoubbet Golfe de Tadjoura Djibouti

L’eau est devenue plus verte, plus épaisse . Bon, pour les photos au flash, ça va être plus difficile… Nous arrivons tout au fond du Ghoubbet dans sa partie Nord Ouest  face à la « Baie du lac salé ».

La plongée est différente, étrange, dans une eau trouble, chargée en particules vertes qui rappelle la Bretagne mais avec une température de 32°C ! Nous rencontrons de très nombreuses éponges. Ces animaux filtreurs ont de quoi se rassasier !

Ambiance Ghoubbet Golfe de Tadjoura Djibouti

De grosses étoiles de mer en coussin ont des couleurs vives, rouge, orange, jaunes. Nombreux oursins diadèmes. Il y a assez peu de poissons par rapport à ce que nous avons vu lors des plongées précédentes en dehors de Ghoubbet.

Ambiance Ghoubbet Golfe de Tadjoura Djibouti

Nous pénétrons en file dans une faille étroite, clostros s’abstenir ! A la remontée, l’eau paraît brutalement plus chaude, peut-être 34°C. Nous sommes probablement à proximité de sources chaudes à cet endroit de la terre où l’écorce terrestre est si fine !

Après le petit déjeuner, nous plongeons dans le Ghoubbet au lieu dit « La vierge rouge ». Très belle plongée, exubérance de coraux. Le vent s’est un peu levé dans la journée et le capitaine choisi un endroit à l’abri du vent bien assuré pour la nuit.

Le lendemain, nous plongeons à la sortie du Ghoubbet. Plongée très poissonneuse, bancs de carangues, vivanneaux, lutjans, mérous, poissons anges, napoléon…

Et aussi de quoi se régaler en macro pour les photographes.

Coraux mous Golfe de Tadjoura Djibouti

Coraux mous Golfe de Tadjoura Djibouti

Nous mettons pied à terre à l’îlôt des boutres, petit ilôt de pêcheurs occupé cette fois par deux hérons qui s’envolent dès notre arrivée. Entourée d’eau turquoise, cet île nous donne un magnifique point de vue sur notre bateau.

Le Déli vu de l'île des boutres Golfe de Tadjoura Djibouti

La plongée à « Turtle point » porte bien son nom. Je n’avais jamais vu autant de tortues dans une seule de mes plongées. Sept, huit, neuf, toutes tranquillement installées près des roches s’en vont à notre approche. L’une d’elle a pourtant choisi de m’accompagner en nageant à mon rythme tout à côté de moi pendant une dizaine de mètres. Encore un instant inoubliable.

Le soir ,nous mettons pied à terre dans la ville de Tadjoura, petite bourgade en bord de mer où l’on attend que le temps passe… Dans la rue, des habitants, hommes, femmes et enfants, bien sûr mais aussi des chèvres, un jeune dromadaire ou un zébu qui se met à accélérer vers moi quand il me voit (peut-être ne veut-il pas se faire prendre en photo ?). Du coup, je rate ma photo !

Ville de Tadjoura  Djibouti

Ce soir, une plongée de nuit en face de la plage des sables blancs. Comatules, poissons anges et perroquets qui dorment… Couleurs vives des éponges encroutantes à la lumière des phares.

Notre dernière plongée est aux îles Moucha, là où Henri de Monfreid cultivait des huîtres perlières, face à Djibouti. Ces petites îles basses et sablonneuses contrastent avec les falaises de lave que nous avons si souvent côtoyées pendant cette croisière.

Epave Iles Moucha Djibouti

 Une épave d’un cargo gît par 28 m de fond depuis 1973. D’immenses bancs de lutjans tournent autour du grand mat, des carangues et des vivanneaux chassent. Des amas de ferrailles dans tous les sens attestent de la violence de l’explosion qui a coulé ce navire. L’épave est peu concrétionnée et couchée sur le flanc bâbord.

 Epave Iles Moucha Djibouti

Le flanc tribord, exposé aux rayons du soleil permet à des coraux de s’implanter mais auront-ils le temps de grandir devant l’armée d’Acanthaster qui se déplace sur cette épave ? Ces étoiles de mer géantes et venimeuses mangent, dévorent le corail, causant la mort de nombreux récifs. Ici, le peu de coraux vivant sur la coque sera certainement vite digéré par ces prédatrices !

Acanthaster sur épave Iles Moucha Djibouti

Retour au port de Djibouti . C’est la fin de la croisière. Nous en avons eu plein les yeux. Avec des interrogations parfois sur la sécurité alors que des avions de chasse et des transals nous survolaient… Nous n’avons croisé personne sauf le bateau d’un pêcheur le premier jour et qui nous proposait du poisson. Nous étions pendant sept jours seuls dans ce grand Golfe.

Mérou Golfe de Tadjoura Djibouti

LE LAC ABBE

Nous mettons pied à terre et partons directement en excursion au Lac Abbé. Il faut le vouloir, le désirer, le mériter. Encore une aventure en 4×4, avec tous nos bagages, deux heures de route , une heure de bonne piste puis encore une heure de chemin cahotant parmi les pierres…

Nous longeons la montagne. Il paraît que le lac est de l’autre côté. Pour franchir la montagne, il faut la traverser, la gravir par un chemin empierré de grosses bombes de lave. Le 4×4 roule en première. Puis c’est la descente et l’on aperçoit l’autre côté.

Voilà le lac ! Ou du moins ce qu’il en reste … De grandes étendues blanches, dépôts de sel et d’étranges rochers disposés côte à côte, soigneusement rangés en file. Elles sont dans la mêmes direction que les failles de montagnes avoisinantes. Mais au loin oui, il y a bien encore de l’eau mais l’évaporation est intense. Nous arrivons pour le coucher du soleil.

Lac Abbé Golfe de Tadjoura Djibouti

La nuit en campement est très rudimentaire. Attention aux moustiques! Ici, les sources sont nombreuses et les fortes pluies du mois de septembre font de cette zone humide un lieu de choix pour ces insectes qui hébergent le Plasmodium falsiparum, vecteur du paludisme (mortel). Nous nous faisons piquer (je ne sentirai mes piqûres qu’au retour en France !) mais est-ce ces « méchants » moustiques ? De toutes façons , je prends un traitement antipaludéen.

De grandes roches, des cheminées se sont formées dans le lac alors que le niveau était encore élevé de plus de 50 mètres au desssus du niveau actuel. Des concrétions calcaires se sont formées autour d’émanations de soufre, témoins de la vie de la terre.

En nous promenant parmi ces blocs, nous découvrons de sources chaudes (l’eau sort de la terre à 90°C) avec une odeur de soufre. Mieux vaut ne pas rester là dans la journée car la température y atteint 60°C (à l’ombre bien sûr !) ce qui en fait l’un des lieux les plus chauds de la planète. J’ai d’ailleurs mis une veste à manche longue pour garder ma « fraîcheur ».

Lac Abbé Djidouti

C’est la fin du voyage et nous rentrons en France avec le froid et les grèves.

 

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