Les récifs de corail

LES RECIFS DE CORAIL

 

Les récifs coralliens avec leurs couleurs turquoise, bleu outremer, marine selon la profondeur nous émerveillent. Leur formation, la vie qui leur est liée est bien connue et je vais vous les présenter.

Récif de corail Mer rouge 1993

De tous temps, les récifs de corail ont préoccupé les hommes et en premier lieu, les marins.

Epave au large de Safaga

En effet, ce murs qui se dressent en plein milieu de l’océan, immergés ou formant de petites îles, sont un véritable danger pour la navigation mais un monde sous-marins extraordinaire où cohabitent des milliers d’espèces animales et végétales.

Rangiroa

A la fin du XVIIIème siècle, les explorateurs furent nombreux. James Cook et Darwin sont parmi les plus célèbres. Après son voyage sur le Beagle, Darwin émis la théorie de formation des récifs. Cette théorie demeure la plus connue.

Formation des récifs  Formation des récifs   Formation des récifs    Formation des récifs

Au départ, un récif apparaît sous la forme d’un récif frangeant autour des côtes d’une île ou d’un volcan. Le récif frangeant devient un récif barrière à la suite d’un lent affaissement de l’île car il se maintient en surface par la croissance des coraux vers l’extérieur. Un affaissement lent et continu des fonds augmente la profondeur du lagon et la taille du récif qui prend progressivement une forme d’atoll.

Cette théorie peut s’appliquer à toutes les îles volcaniques du Pacifique Sud ainsi que les Antilles.

Une autre théorie, celle de Penk et Dally, s’applique aux îles coralliennes d’origine non volcanique: elle repose sur une modification du niveau de la mer mendant la période glaciaire.

Théorie de Penk et Dally  Théorie de penk et Dally  Théorie de penk et Dally  Théorie de penk et Dally

On voit sur ces schémas que l’île contrale s’enfonce, que le récif se forme et que le niveau de la mer varie.En fait, la réalité réside en une association de ces deux théories.

Mais pourquoi les récifs de corail sont-ils géographiquement si limités ?Lorsque l’on observe une planisphère, on s’aperçoit que les récifs forment une ceinture au niveau de l’équateur.

Rangiroa

En fait, les récifs pour prospérer ont un certain nombre d’exigences écologiques fondamentales.

Transparence aux Maldives 1987

La température de l’eau ne doit pas descendre en deçà de 18°C

Acropora, Iles Maldives, 1987

Cette eau doit offrir des conditions de transparence; ainsi, il n’y a pas de corail à la sortie des fleuves.

Maldives transparence 1987

La nature du sol est également un facteur important pour l’implantation des coraux; ils ont besoin d’un point d’ancrage solide.Récif affleurant, Maldives 1992

D’autre part, on observe que les coraux vivent près de la surface de la mer car ils ont besoin de lumière pour prospérer. Ceci est dû à la présence dans le corail, d’algues, les zooxanthelles, qui vivent avec les animaux, les polypes et qui nécessitent la lumière afin d’assurer la photosynthèse.

Les coraux font partie de l’embranchement des Cnidaires. Ils présentent deux stades très différents :- le stade « polype ». Il vit fixé au rocher. La bouche et les tentacules sont dirigés vers la haut. Le squelette est calcaire ou corné. Ce calcaire est issu de l’absorption, par le corail, du calcium et du gaz carbonique dissous dans la mer.

Schéma du stade polype

Il y a trois couches de « peau ». la couche interne est l’endoderme, la couche externe est l’ectoderme. Au milieu, une gelée rend l’animal mou, flasque comme on observe avec les méduses.- le stade « méduse ». Ce stade est libre, la méduse flotte librement dans l’eau. Sa forme est une ombrelle dont la bouche est située au centre de la face inférieure. Elle ne possède pas de squelette mais une gelée, la mésoglée, qui lui donne toute sa souplesse.

Schéma du stade méduse

Certaines espèces n’existent que sous la forme polype, d’autres sous la forme méduse. La majorité des espèces, passent par les deux stades au cours de leur cycle évolutif.

En effet, les jeunes coraux, les madrépores, existent sous forme de larve libre et voguent dans le courant. Ils sont sous forme méduse. Lorsqu’ils sont emmenés vers un lieu qui satisfait à leurs exigences écologiques, ils se fixent et prennent la forme polype. Les méduses restent méduses toute leur vie. Elle ne se fixent pas.

Les Cnidaires renferment dans leurs tissus de petites algues unicellulaires, les zooxanthelles, qui vivent en symbiose avec les polypes qui souvent leur donnent leurs couleurs éclatantes.

Corail Acropora Acropora

Le fondateur principal du récif est le corail.

Le corail est un animal, même s’il ressemble plus souvent à une plante avec ses rameaux branchus. L’unité s’appelle le polype. Ces polypes vivent en colonies et aménagent un squelette commun. Ce squelette, constitué de carbonate de calcium, prélevé dans l’eau de mer est rigide ou corné selon les espèces.

La reproduction

La reproduction des coraux se fait de deux manières, asexuée et sexuée.

Lagon de Mooréa

La reproduction asexuée se fait par l’accroissement et bourgeonnement des polypes. Si certains tombent sous leur propre poids, ils s’implantent si les conditions leurs sont favorables.

La reproduction sexuée s’effectue par l’excrétion de gamètes males et femelles dans la mer. Afin que les coraux aient des chances de se reproduirent, ils doivent évacuer leur gamètes simultanément. Ce cycle bien précis est réglé par la lune et la température de l’eau. Alors tous les coraux « pondent » en même temps. Ce nuage laiteux au dessus de la grande barrière de corail est visible depuis la lune.

Lorsque la larve trouve un site qui lui offre toutes les conditions de vie, elle s’implante.

La nutrition

Les coraux sont des carnivores. Les petits animaux possèdent des tentacules et une bouche centrale qui d’ailleurs sert aussi d’anus. A ce niveau d’évolution et chez tous les Cnidaires, la différence ne s’est pas encore faite.

Coraux mous Mer Rouge

Lorsqu’une particule nage dans le plancton et passe à la portée d’un polype, elle affleure les tentacules qui aussitôt se referme sur elle. Si cette particule est vivante, une larve par exemple,  elle sera immobilié et tué car le polype va injecter un venin dans sa victime. Cela se passe à l’échelle microscopique.

L’arme du corail, c’est le cnidoblaste. il s’agit d’une cellule spécialisée qui agit comme un harpon, de plus venimeux.

Je vous invite à lire les détails des aspects venimeux des coraux dans l’article : les Cnidaires venimeux et l’homme.

Les ennemis du récif

Les récifs ont aussi leurs ennemis. L’un des plus connus est une étoile de mer, Acanthaster. Cette étoile est carnivore et se nourrit des polypes des coraux. Elle est très grande, avec ses treize bras et ses quarante centimètres de diamètre. De plus, elle est venimeuse. Sur certains récifs de le grande barrière en Australie, elle prolifère de façon inquiétante.

Acanthaster dévoreuse de corail Acanthaster

Pour se nourrir, elle dévagine son estomac, c’est à dire qu’elle le sort et entoure le corail. Elle digère le corail qui meurt sous l’action des sucs gastriques. Pourtant, cette étoile de mer a un ennemi, le Triton (Charonia tritonis), très beau coquillage mais hélas, il est en voie de disparition trop péché par l’homme. Voir l’article Portait de prédateur : Acanthaster

D’autre mangeurs de corail existent dans le récif.

C’est le cas du poisson perroquet qui se nourrit de polype. A l’aide de son bec corné très solide, il croque directement les coraux durs ( le bruit s’entend bien sous l’eau) et excrète les squelettes coralliens sous forme de sable. De la sorte, un poisson perroquet peut produire jusqu’à vingt litres de sable par jour !

Et l’homme dans tout cela ?

Maison construite en corail, Maldives 1987

Les populations autochtones construisent leur maison avec des blocs coralliens dans certains îles comme les Maldives (je devrai dire « construisaient » avant qu’elles soient regroupées et logées dans une île fabriquée près de Malé, la capitale).

Tas de corail pour faire de la chaux

Le corail lorsqu’il est brûlé produit de la chaux.

Enfin, le corail peut être un excellent substitut de l’os lors de certaines fractures. Voir l’article : Une pharmacie sous la mer

Les associations avec les Cnidaires

Plutôt que de se faire manger, mieux vaut-il être immuniser. c’est ce que font quelques animaux qui ont appris à vivre avec les Cnidaires.

C’est la cas du poisson clown qui vit dans les eaux tropicales et qui s’associent volontiers avec une anémone. Le poisson fabrique une grande quantité de mucus qui recouvre ses écailles qui les tentacules de l’anémone glissent sans blesser le poisson.

Les crevettes du genre Periclimenes vivent aussi dans les anémones. Elles sont à l’abri de leur prédateurs et l’anémone profite des reliefs des repas de son hôte.

Un petit crabe, Inachus, vit de la même façon dans d’autres anémones.

Ces associations qui profitent aux deux partenaires sont des symbiose. 

D’autres animaux ont appris à résister aux cellules urticantes et même à en tirer un bénéfice !

C’est le cas de certains nudibranches comme les flabellines. Des expansions situées sur leur dos, les « cerrata » leur permettent de stocker les cnidoblastes et de s’en reservir contre les éventuels prédateurs. Les cellules urticantes, habilement engluées par les limaces ne se dévaginent pas.

Certains poissons se nourrissent de méduses. Ils picorent habilement l’ombrelle en évitant les cnidoblastes.

 

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